Nantes: Le cinéma le Concorde fête ses 100 ans, mais hors de question d'un clap de fin

CULTURE Ce dimanche se terminent les festivités des 100 ans du Concorde...

Geoffrey Clémençon

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Le centenaire du Concorde commence ce vendredi.
Le centenaire du Concorde commence ce vendredi. — G.Clémençon

« Ce centenaire, ce n’est pas qu’une commémoration. Fêter cet anniversaire et fermer le cinéma l’année d’après n’aurait aucun sens. » Sylvain Clochard, propriétaire du cinéma indépendant le Concorde nourrit des projets et veut profiter de l’événement, qui se termine ce dimanche avec un «banquet final», comme d’une vitrine pour donner envie au public d’investir et de s’investir dans le lieu situé boulevard de l’Egalité dans le quartier Zola-Chantenay.

Octobre 1916, un soldat démobilisé quitte le front et se rend dans un dancing nantais. Il propose alors des projections le dimanche après le bal. Un grand drap blanc, des chaises et des bancs, le tour est joué ! Deux ans plus tard, en 1918, la salle de spectacle « le Grand National » se transforme alors en cinéma.

Qu’il s’appelle « le National », « le Moderne » et enfin «le Concorde », ce cinéma a connu plusieurs évolutions et s’apprête à en vivre une autre : « Je suis le seul actionnaire et j’aimerais faire rentrer d’autres sociétaires dans le capital », précise le propriétaire des lieux.

Témoin du passé, ce projecteur à bobines disposé dans le hall d'entrée du cinéma.
Témoin du passé, ce projecteur à bobines disposé dans le hall d'entrée du cinéma. - G.Clémençon/20Minutes

Le Concorde, une histoire familiale

Depuis 1984 et le rachat du lieu par la famille Clochard, une seule idée en tête, une lubie : rendre pérenne la salle de projections. Car comme l’explique Sylvain Clochard, « le Concorde porte bien son nom. Comme l’avion, il coûte plus d’argent qu’il n’en rapporte. » Plusieurs solutions donc pour maintenir les comptes à l’équilibre : l’incorporation de nouveaux actionnaires, le responsable préfère parler « d’acteurs », mais aussi la construction d’un lieu de rencontre. D’ailleurs un bar mitoyen a déjà été racheté dans cette optique.

Cependant, le centenaire du Concorde n’est pas qu’une affaire de gros sous, c’est d’abord du cinéma et quand on déroule la bobine, la liste est longue comme Autant en emporte le vent. Evoquer le Concorde et les premiers mots qui viennent à l’esprit sont cinéma engagé et contre-cultures. Et pour lui souhaiter une dernière fois un joyeux anniversaire, rendez-vous donc ce dimanche, jusqu'à 22h, square du Prinquiau. Des projections ont lieu à partir de 20h.