Notre-Dame-des-Landes: Des expropriés assignent Vinci et l'Etat pour récupérer leurs terres

AEROPORT Les habitants contestent leur expropriation dans la mesure où aucun chantier n'a été engagé depuis cinq ans...

J.U et F.B.

— 

Vue aérienne du site du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 11 mai 2013
Vue aérienne du site du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 11 mai 2013 — JEAN-SEBASTIEN EVRARD AFP

Ils avaient promis de saisir le tribunal de grande instance s’ils n’avaient pas obtenu de réponse à leur première demande. Ce sera chose faite ce vendredi. Une trentaine de « propriétaires historiques » de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes déposent à Saint-Nazaire, par voie d’huissier, 24 assignations à AGO- Vinci et à l’État. L’objectif de cette démarche est que la justice ordonne la rétrocession de leurs biens, indique la principale association anti-aéroport, l’Acipa.

Ordonnances expirées au bout de cinq ans

La procédure concerne des terres agricoles, maisons ou bâtiments d’élevage, répartis un peu partout, et qui représenteraient une petite moitié des 1 650 ha de la zone. Leur ordonnance d’expropriation avait été émise le 18 janvier 2012, soit il y a cinq ans. Elles sont aujourd’hui expirées. « On a été exproprié, il n’y a pas eu de travaux, donc on demande la rétrocession des terres, c’est notre droit », expliquait en janvier Julien Durand, le porte-parole de l’Acipa, principale association opposée au projet.

La balle renvoyée au prochain gouvernement

Les travaux de construction du nouvel aéroport, que l’ex Premier ministre Manuel Valls avait promis de lancer avant la fin 2016, n’ont toujours pas démarrer. La faute a un contentieux en cours de règlement avec la Commission européenne au sujet de l’absence d’évaluation environnementale globale liée à l’impact du projet d’aéroport sur le territoire.

La faute, surtout, à une vive opposition sur le site qui obligerait l’Etat à déployer d’importants moyens de police et de gendarmerie pour assurer la sécurité du chantier. A quelques semaines de l’élection présidentielle, la poursuite ou non du projet est désormais dans le camp du prochain gouvernement.