Nantes: Et si on repassait aux bouteilles consignées?

INITIATIVE Bout' à bout', une jeune association, œuvre pour le retour de la consigne dans la région. Elle a reçu vendredi le prix de l'innovation sociale…

Julie Urbach

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Ecologie. Industrie. Environnement. Recyclage.

Chaine de production indutrielle de verre recycle. File de bouteilles en verre vides.
Ecologie. Industrie. Environnement. Recyclage. Chaine de production indutrielle de verre recycle. File de bouteilles en verre vides. — Alexandre GELEBART/20MINUTES
  • Le premier prix de l'innovation sociale de Nantes métropole a été remis ce vendredi midi.
  • La lauréate est l'association Bout' à bout', qui annonce avoir déjà collecté 10.000 bouteilles en verre.

Plutôt que de recycler les bouteilles en verre, et si on revenait aux consignées? C'est le projet de l'association Bout’à bout’ qui oeuvre pour le retour de la consigne dans la région. « Jeter des bouteilles pour les reconstituer à l’identique, ça va à l’encontre du bon sens ! » estime Célie Couché, 32 ans, qui a lancé ce projet l’été dernier. Une idée qui fait son chemin puisque l'association a été primée ce vendredi midi par Nantes métropole. Elle a remporté le premier prix de l'innovation sociale, et un chèque de 20.000 euros pour poursuivre son projet.

Déjà 10.000 bouteilles sauvées

Pour que les bouteilles ne soient plus détruites mais ramenées, nettoyées et réutilisées (la durée de vie serait de 50 lavages !), l’association a mis en place depuis un an et demi un circuit déjà bien rôdé. Atlantic Boisson, qui organise la consigne de grandes marques, a accepté de prendre en charge les bouteilles des brasseurs locaux engagés dans la démarche. Elles sont acheminées jusqu’à Clisson, où une entreprise spécialisée les nettoie. L’association organise enfin le renvoi des récipients propres.

Environ 10.000 auraient ainsi déjà été sauvés de la benne grâce à plusieurs producteurs (jus, bière, vin…) et distributeurs (dont le magasin en vrac O’Bocal). « L’objectif est d’en convaincre davantage en levant tous les freins, assure Célie Couché. Le premier étant que certaines étiquettes ne partent pas au lavage. Il faut donc les accompagner pour qu’ils en changent ! » Autre difficulté, les bouteilles qui seraient devenues de plus en plus fragiles…

Des économies

Un problème que ne connaît pas la brasserie Philmore, située à Rezé, qui s’est lancé dans l’aventure par « militantisme ». « Je lavais moi-même mes bouteilles mais j’ai vite compris que je ne tiendrai pas le rythme, explique son responsable. C’est difficile car il y a tout à réinventer. Mais quand on a des convictions, il faut y aller. Il y a chez les clients aussi une vraie volonté de jouer le jeu. Le taux de retour est très bon. »

>> A lire aussi : En Bretagne aussi, on veut relancer la consigne

Selon les calculs de Bout' à bout’, la consigne, pratique courante en Allemagne, permettrait d’économiser 76 % d’énergie et 30 % d’eau par rapport au recyclage. Elle assure aussi que le système coûte au final moins cher que l’achat de bouteilles neuves. L’association annonce le lancement d'un projet pilote sur la métropole qui pourrait éviter annuellement 440 tonnes de CO2.

Ces bouteilles seront réutilisées
Ces bouteilles seront réutilisées - Bout'à bout'