Nantes Rezé: «Mon père, c'est ma force», confesse le libéro Jérémie Mouiel

VOLLEY Le Nanto-Rezéen, qui jouera la finale de la Coupe de France samedi contre Ajaccio, puise sa détermination en pensant à son papa, décédé en 2010...

David Phelippeau

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Jérémie Mouiel (en blanc) joue un des matchs les plus excitants samedi à Clermont : la finale de la Coupe de France contre Ajaccio.
Jérémie Mouiel (en blanc) joue un des matchs les plus excitants samedi à Clermont : la finale de la Coupe de France contre Ajaccio. — Philippe Jeuland / NRM

On partait dans l’idée de lui parler de sa taille atypique dans une équipe de volleyeurs qui culminent au moins tous à 1,90 m… Mais, Jérémie Mouiel, libéro d’1,76 m, a donné de la grandeur à l’entretien en n’hésitant pas un seul instant à parler de sa vie personnelle. Samedi soir, à Clermont, le Nanto-Rezéen, âgé de 21 ans, va jouer l’un des matchs les plus importants de sa jeune carrière : une finale de Coupe de France face à Ajaccio, tenant du titre. Comme avant chaque rencontre, Jérémie aura une pensée toute particulière pour son papa, décédé il y a sept ans. « Avant chaque match, je me dis : "Sois fort comme lui !" C’est un rituel qui me rassure. Si je ne le fais pas, je ne suis pas bien dans mon match… »

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Aucun jour ne passe sans que Jérémie ne pense à son papa. « Il est ma force. C’était un champion dans ce qu’il faisait. Je veux lui ressembler et être un champion comme lui. » Hervé Mouiel, le père de Jérémie, s’est illustré dans une discipline méconnue : le bridge. « Il était bridgeur professionnel et a remporté trois titres mondiaux… » Les yeux de Jérémie s’illuminent lorsqu’on lui demande des précisions sur la passion de son père. La fierté affleure. « Après huit ans de médecine, il a tout arrêté pour le bridge. Il voyageait beaucoup… »

Il a désobéi à son père… pour le volley

L’éloignement régulier des deux hommes ne les empêche pas d’avoir une « relation fusionnelle ». « J’étais plus proche de lui que de ma mère. » Si Jérémie est à quelques jours d’une finale de la Coupe de volley, c’est pourtant parce qu’il a en quelque sorte désobéi à son père… « Il n’était pas d’accord pour que je fasse du volley, il préférait que je me consacre à mes études. Ma mère m’a poussé vers ce sport et mis tout en œuvre pour que je réussisse. »

Jérémie Mouiel.
Jérémie Mouiel. - Philippe Jeuland / NRM

C’est aussi grâce à sa mère que le petit Cannois, à l’âge de 14-15 ans, s’est amouraché du volley et a délaissé le ballon rond. « Je vivais à Cannes, et ma mère allait souvent à la plage, j’ai appris le volley en regardant du beach… »

Rapidement, un dirigeant de l’AS Cannes (volley) le repère ainsi. Dès la première année, « avec plutôt un physique de footeux », il est élu meilleur libéro de France en junior. Cannes, Avignon (Ligue B), Chaumont (Ligue A) puis Nantes-Rezé (Ligue A), Jérémie Mouiel - « La Miche » comme on le surnomme au NRM en référence à un personnage de l’émission " Les anges de la téléréalité" sur NRJ 12 - n’en finit plus de tutoyer les hauteurs. Le père peut être fier du petit.