Affaire Troadec: Lydie Troadec, la compagne du suspect, a joué un rôle actif après les meurtres

FAITS DIVERS La sœur de Pascal Troadec a joué un rôle actif après l’assassinat de la famille Troadec à Orvault…

Frédéric Brenon

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La maison de Lydie Troadec à Pont-de-Buis, dans le Finistère.
La maison de Lydie Troadec à Pont-de-Buis, dans le Finistère. — F.Tanneau/20Minutes

Elle a été mise en examen pour « modification de l’état des lieux d’un crime » et « recel d’un cadavre ». Lydie Troadec dort depuis lundi soir à la maison d’arrêt de Nantes où elle a été placée en détention provisoire.

Si elle ne semble pas avoir participé physiquement à l’assassinat de Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec le 16 février à Orvault, la compagne du principal suspect, Hubert Caouissin, et sœur d’une des quatre victimes a tout de même joué un rôle morbide actif après le drame.

Un rôle actif après les assassinats

D’après les premiers éléments de l’enquête, cette secrétaire médicale âgée de 47 ans a été informée dès le 17 février du crime que venait de commettre son conjoint. Elle a choisi de garder le silence, puis a participé au nettoyage des traces se trouvant dans la Peugeot 308 subtilisée à Sébastien Troadec, son neveu assassiné.

Elle a également aidé Hubert Caouissin à déposer le véhicule à Saint-Nazaire « afin de faire diversion ». Pire, elle a peut-être assisté au démembrement et à la destruction des corps puisque c’est chez elle, dans une ferme de la commune de Pont-de-Buis (Finistère), qu’Hubert Caouissin aurait effectué cette effroyable tâche.

Isolés des voisins

Cette maison reculée située entre Brest et Quimper, dotée d’un vaste terrain boisé, Lydie Troadec l’a achetée il y a environ deux ans. Auparavant, elle vivait dans un pavillon à Plouguerneau, au nord-Finistère, chez Hubert Caouissin. Tous deux se sont rencontrés sur Internet il y a une dizaine d’années, puis ont donné naissance à un petit garçon.

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A Plouguerneau comme à Pont-de-Buis, le couple était extrêmement discret avec le voisinage, voire même secret. « Ils rentraient directement dans leur garage, ne parlaient à personne, ne répondaient jamais aux invitations pour des fêtes de quartier », témoigne un voisin, cité par Le Parisien. « Ils n'étaient pas du tout intégrés », confirme le maire de Pont-de-Buis, Roger Mellouët, précisant que l'enfant n'était plus scolarisé dans la commune depuis septembre.

Cet isolement aurait été amplifié par une maladie sérieuse dont a souffert plusieurs années Lydie après sa grossesse. Un handicap à un bras l’empêchait, depuis, d’exercer son métier, tandis que son compagnon a été soigné pour un épisode dépressif.

Fâchée avec son frère

C’est dans ce contexte déjà difficile que Lydie Troadec a développé des tensions avec son grand frère, Pascal, au sujet de l’héritage de leur père décédé. Lydie et Hubert lui reprochaient d’avoir conservé pour lui des pièces d’or qui, selon le suspect, « auraient dû être partagées en famille », a expliqué le procureur.

Ces pièces ont-elles véritablement existé ? La justice devra désormais clarifier ce différend à l’origine d’une affaire criminelle qualifiée « d’hors norme » par les enquêteurs.