Nantes: Le Tripode bientôt classé en site amianté? L'espoir s'éloigne pour les anciens salariés

SANTE Des anciens fonctionnaires du Tripode ont été reçus ce mercredi par le cabinet du Premier ministre…

J.U. avec F. B.

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Le Tripode a été démoli en 2005
Le Tripode a été démoli en 2005 — F. Perry/ AFP

La déception est immense. Ce mercredi, après plusieurs dizaines années de combat pour faire reconnaître leur ex lieu de travail en site amianté, l’association « Solidarité Tripode » avait pour la première fois obtenu un rendez-vous à Matignon.

« On nous a répondu que le Premier ministre ne pouvait s’engager sur quoi que ce soit, regrette Pierric Onillon, de l’intersyndicale CGT-CFDT-FO-Solidaires-Unsa. C’est navrant. On doit recevoir un courrier sous 15 jours, pour envisager une étude sur ce site décrit comme “particulier”, mais ce n’est pas très clair. On se doute que ce sera une non-réponse. »

« On revient 10 ans en arrière »

Après de nombreuses manifestations et interpellations des pouvoirs publics, les « oubliés du Tripode » avaient haussé le ton ces derniers jours avec une action coup de poing au siège de l’Insee de Nantes, pour célébrer le 12e anniversaire de la destruction de l’immeuble. Ils avaient retenu le directeur général pendant quelques heures, avant qu’il ne s’engage à solliciter le cabinet du Premier ministre.

« On nous explique maintenant qu’il faut de nouvelles dispositions législatives, qu’il faut changer la loi de finances…, s’étrangle Francis Judas, délégué CGT. Personne ne nous a jamais dit ça avant. On a vraiment l’impression de revenir 10 ans en arrière. C’est vraiment irrespectueux. » Une nouvelle action est déjà prévue à Nantes, jeudi matin.

« Une profonde indifférence »

Le classement de cette tour de 18 étages, fermée en 1993 et rasée en 2005 après que 350 tonnes d’amiante en avaient été sorties, permettrait pourtant aux 400 salariés toujours actifs de partir en pré-retraite. Les anciens agents, dont nombreux seraient atteints de cancers, pourraient les voir requalifiés en « maladies professionnelles ». « Je pense qu’il y a une profonde indifférence, un détachement froid de personnes qui n’y voient aucun bénéfice politique », estime Francis Judas.

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Les 1.800 fonctionnaires ayant travaillé au Tripode étaient employés par l’Insee, le Trésor public, le ministère des Affaires étrangères et un restaurant inter-administratif. Selon les autorités sanitaires, l’amiante, ce matériau isolant, pourrait provoquer jusqu’à 100.000 décès d’ici à 2025, les maladies pouvant survenir jusqu’à 40 ans après l’exposition.