Famille disparue à Orvault: «Sébastien Troadec ne ferait pas de mal à une mouche», racontent ses amis du Web

FAITS DIVERS Disparu comme trois autres membres de sa famille, Sébastien Troadec avait noué de nombreuses relations sur les forums et réseaux sociaux...

Frédéric Brenon

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Sébastien Troadec, disparu avec sa famille depuis le 16 février à Orvault près de Nantes.
Sébastien Troadec, disparu avec sa famille depuis le 16 février à Orvault près de Nantes. — POLICE JUDICIAIRE / AFP

Ils s’appellent Alexis, Nicolas, Hugo ou Jérémy*. Ils ont entre 17 et 24 ans et se disent très inquiets de la disparition de Sébastien Troadec avec qui ils discutaient régulièrement, « voire quotidiennement », depuis plusieurs années. Pourtant, ils n’ont jamais rencontré physiquement le fils aîné de la famille disparue mystérieusement à Orvault.

Tous sont des « amis » rencontrés sur les réseaux Facebook, Skype, Discord et quelques forums spécialisés, un univers auquel le jeune homme consacrait selon eux « beaucoup de temps », surtout depuis son changement de lycée.

« Une personne très gentille »

« C’est quelqu’un de très sympa, il faisait sa vie tranquille. Je tiens à lui », indique Alexis, qui vit près de Rennes. « C’est une personne très gentille », confirme Hugo. « Il ne ferait pas de mal à une mouche », confie Nicolas, d’origine lyonnaise. « J’espère qu’il va bien », ajoute-t-il, « choqué par cette histoire ».

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Leurs sujets de discussion préférés ? Les jeux vidéos, l’informatique, la musique. « De comment il allait aussi », complète Alexis. « On parlait souvent de filles, glisse Nicolas. Il accordait beaucoup d’importance à se trouver une copine. ». La famille en revanche, « on n’en causait pas trop ». 

 

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Une publication partagée par Sébastien (@azerttreza666) le 8 Août 2016 à 11h43 PDT

Adepte du « deep web »

A l’image de certains tweets datant de plusieurs années, le fils aîné de la famille Troadec exprimait parfois un « mal-être » ces derniers mois. « Il se comportait comme une personne défaitiste et parlait souvent de lui de façon péjorative », se souvient Nicolas. « Il se disait déprimé, indique Hugo. Il a déjà évoqué le suicide mais je pense que c’était plus une manière de montrer qu’il pouvait se sentir mal qu’une réelle intention ». « Il a le stéréotype du mec qui se laisse aller, mais ça lui était complètement égal », observe Alexis.

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Sébastien faisait partie d’une communauté baptisée « les fakes » dont les membres se « clashent » verbalement, le plus souvent sous des noms fictifs. Il était aussi adepte du « deep web », cette partie de l’Internet non indexée par les moteurs de recherche et donc réservée aux initiés, parfois mal intentionnés. « Peut-être qu’il a pu s’attirer des ennuis dessus », s’inquiète Nicolas.

Comparaison avec l’affaire Hommemort

Sébastien Troadec avait été mis en cause par la justice en novembre 2013 pour des faits de menaces d’atteintes aux personnes, a rapporté le parquet de Nantes. Un épisode dont l’intéressé a reparlé un an plus tard sur un forum dédié aux jeux vidéo, où il se compare à l’affaire Hommemort qui avait défrayé la chronique en mai 2013 à Strasbourg. « C’était un garçon gentil. Loin de lancer des menaces à tout le monde », rétorque Charles, un ami. « Je ne l’imagine pas faire de mal à qui que ce soit », répète Jérémy *.

Sébastien Troadec n’a plus donné signe de vie depuis le 16 février, au même titre que ses parents et sa sœur Charlotte. Du sang lui appartenant a été découvert au domicile familial. Sa voiture, une Peugeot 308, a disparu. Son téléphone portable a été retrouvé par les enquêteurs. Il aurait été le dernier téléphone de la famille à avoir été coupé.

* Prénom d’emprunt