Salon de l’agriculture: Et voici Déesse, la vache nantaise dont la race a bien failli disparaître

PORTRAIT Laurent Chalet et Déesse, l'une des 1.000 seules vaches nantaises, participent à la 54e édition du Salon de l'agriculture...

Julie Urbach
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Laurent Chalet et Déesse, sa vache nantaise
Laurent Chalet et Déesse, sa vache nantaise — J. Urbach/ 20 Minutes

C’est vrai qu’elle ne laisse pas indifférent avec ses jolis yeux cernés de noir, comme si elle était maquillée. Déesse, 7 ans, fait partie des milliers d’animaux invités au 54e salon de l’agriculture, qui ouvrira ses portes samedi. Cette vache nantaise, aux cornes intactes, a quitté jeudi soir sa ferme de Plessé, au nord de la Loire-Atlantique, direction la capitale où elle retrouvera quatre copines de son espèce.

Pendant dix jours, elle devra supporter le brouhaha, sera approchée par des politiques de tous bords, des enfants en quête de câlins ou adultes adeptes de selfies. « Ça fait un mois qu’on la prépare avec mon père, sourit Alexandre Chalet, 20 ans, de la ferme du Clos. On lui met la radio à fond et on lui parle beaucoup. » Sans compter les séances de shampouinage et soins aux huiles essentielles, qui font briller le cuir, dit-on.

Déesse et Laurent Chalet
Déesse et Laurent Chalet - J. Urbach/ 20 Minutes

Seules 1.000 vaches nantaises

Il faut dire que Déesse a une sacrée responsabilité : celle de représenter la vache nantaise, l’une des 13 races locales françaises à petits effectifs. Si aujourd’hui, on en compte un millier de femelles (et une centaine d'éleveurs), elles n’étaient que 40 dans les années 1980. Un gros travail pour sauvegarder l'espèce a été réalisé, in extremis. Un peu la même histoire que Fine, l'égérie du Salon cette année, qui vient d'ailleurs de la même commune de Loire-Atlantique et sera sa voisine sur le stand.

Laurent Chalet, propriétaire de Déesse et de 40 autres congénères, a fait partie des éleveurs qui ne voulaient pas voir la vache nantaise disparaître. Ce petit-fils de paysan, d’abord attaché à ses souvenirs d’enfance, a voulu « prouver qu’il pouvait gagner sa vie » avec cet animal qui le «rend heureux», désormais exclusivement utilisé pour sa viande au goût « plus typé ».

Une vache nantaise
Une vache nantaise - J. Urbach/ 20 Minutes

La vache nantaise a même une fête

Aujourd’hui, sa ferme « à taille humaine mais efficace » repose sur la vente directe et alimente des restaurants nantais. Seuls une quinzaine de veaux et moins de dix bœufs sont vendus par an, un volume équilibré par des charges très faibles. « Participer au salon, c’est aussi montrer qu’à côté de l’agriculture industrielle, un autre modèle fonctionne », assure Laurent Chalet.

Pour ceux qui n’auront pas le loisir de visiter le salon, Déesse sera probablement la star de la prochaine Fête de la vache nantaise, à Plessé en 2018. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues en Loire-Atlantique, en l'honneur des petites races locales de toute la France.