Nantes: Encore trop d'erreurs de tri dans les sacs Tri'sac

ENVIRONNEMENT L'original système de collecte des déchets nantais a été lancé il y a dix ans...

Frédéric Brenon
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Usine de traitements et de separation des dechets Tri'sac
Usine de traitements et de separation des dechets Tri'sac — Fabrice Elsner

Il consiste à placer dans une même poubelle des sacs bleus contenant les ordures ménagères et des sacs jaunes contenant les matières recyclables. Dix ans après son lancement à Nantes, l’original système de collecte des déchets Tri’sac a-t-il fait ses preuves ? Quel est le bilan ?

Plus de 200.000 Nantais équipés. « C’est un système unique en France, inspiré de Norvège, rappelle Michèle Gressus, vice-présidente en charge des déchets. Il répond au manque de place dans certains immeubles où il était compliqué de mettre deux bacs. » Plus de 200.000 Nantais sont aujourd’hui équipés, au terme de plusieurs phases de déploiement. Les autres habitants de la métropole ont des bacs. Environ 46.000 tonnes sont collectées chaque année par Tri’sac, dont 4.000 tonnes de déchets recyclables.

Refus de tri trop important. « En dix ans, il y a eu beaucoup de progrès. La technologie de séparation optique des sacs en usine s’est améliorée. Les sacs en eux-mêmes sont plus solides. Les points de réapprovisionnement sont bien mieux identifiés », se réjouit Michèle Gressus. Mais il y a un hic : 20 % des sacs jaunes sont refusés en raison d’erreurs de tri. « C’est trop élevé, on ne peut pas s’en satisfaire. Il y a eu une prise de conscience mais il y a encore une marge de progression. Je sais que le geste de tri peut paraître complexe, mais ça va vite si on s’y met. Nous n’avons plus le choix de toute façon. Un sac refusé est contre-productif pour tout le monde. »

Ce qui coince encore. Le verre est encore trop présent dans les sacs. « Il n’est autorisé que dans les containers prévus pour. On pourrait penser que c’est aujourd’hui une évidence pour tout le monde, mais ça ne l’est pas. Il n’y a qu’à écouter le bruit des morceaux de verre sur la chaîne de tri pour s’en rendre compte. » L’autre erreur de tri courante est liée aux plastiques. « Beaucoup se posent la question pour les barquettes, les pots, les films plastiques, qui ne sont pas acceptés. Cette difficulté est accentuée par le fait que 75.000 foyers nantais ont, eux, été retenus par l’Ademe pour expérimenter le tri des plastiques. On trouve aussi parfois des objets en plastique rigides, des bassines, des baigneurs, etc. Quand on a un vrai doute, il vaut mieux mettre dans le sac bleu. »

Un nouveau sac et des nouveaux quartiers ? L’instauration d’un troisième sac (vert) pour les biodéchets est à l’étude. « Ça ne se fera pas dans ce mandat mais on y travaille. Si on le lance, ce sera pour tout le monde. Il faut aussi bien savoir ce qu’on fera avec ces biodéchets. Si c’est pour que la majorité finisse incinérée, ça n’aurait pas de sens. » Nantes métropole réfléchit aussi à déployer Tri’sac dans de nouveaux quartiers d’habitat dense, à Saint-Herblain, Rezé ou Orvault.