Coupe de France: On a passé une (bonne) soirée assis à côté du président des Herbiers

FOOTBALL Ce mercredi soir, le club vendéen (National) s’est incliné après prolongation (1-2) contre Guingamp, pensionnaire de Ligue 1…

David Phelippeau

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La joie des Herbretais sur l'égalisation dans le temps additionnel.
La joie des Herbretais sur l'égalisation dans le temps additionnel. — LOIC VENANCE / AFP

Il reste deux minutes à jouer dans ce 16e de finale de la Coupe de France entre les Herbiers (National) et Guingamp (Ligue 1). Les Bretons mènent 1-0 et s’acheminent vers la qualification. Michel Landreau, président du club vendéen, a les bras croisés. Sa formation, déjà à la peine, perd en plus un de ses joueurs, priés de rejoindre les vestiaires par l’arbitre. « Voilà, fin de chantier… », soupire-t-il. Comme en 2000 contre Rennes, les Herbiers vont caler en 16e de finale.

Michel Landreau, ce show-man.
Michel Landreau, ce show-man. - D.P. / 20 minutes

Par intermittence, les 3 800 supporters vendéens ont pourtant donné de la voix. Des « AllezLes Herbiers » ont résonné dans ce stade Massabielle. Michel Landreau est lui, resté silencieux quand la clameur s’est intensifiée. Pour mieux savourer sans doute. Il nous a tout juste glissé que ça lui donnait « la chair de poule ». « Qu’ils sont bons ces moments, c’est pour cela qu’on est président de club ! »

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Une fonction qu’il prend très à cœur à l’observer quelques minutes avant le début du match. Michel, qui a sa propre société de conseil, audit et formation, serre les mains de tous ses partenaires (financiers). Partage une bière ou un verre de champagne en leur compagnie. Le coup d’envoi n’est plus très loin. Michel descend dans les vestiaires en trombe. Juste pour taper dans la main de chacun de ses petits protégés. Il remonte en tribune et s’arrête un instant devant la foule rassemblée aux quatre coins du terrain. « 3.800 personnes… Y a du monde. C’est une fierté ! »

Patrice Loko a disparu…

Un souci survient… Patrice Loko, l’ancien Canari, qui doit donner le coup d’envoi fictif de la rencontre en compagnie de Nicolas Savinaud (ancien Canari aussi), est introuvable. Le rythme de la marche de Michel s’accélère considérablement. Son rythme cardiaque aussi. D’autant qu’il a oublié son écharpe rouge et noire au club house. Un stadier le rassure au loin, Loko arrive derrière lui.

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Cela fait neuf années que Michel Landreau (57 ans) préside Les Herbiers. Par passion pour le ballon rond. Et pour vivre cet instant magique qu’il va connaître dans le temps additionnel. Glombard, tout juste entré en jeu, égalise d’une superbe volée. Le visage de Michel est irradié de bonheur. Il tombe presque dans les bras d’Yves Auvinet, président du conseil départemental de Vendée, assis à sa droite.

Juste avant le match, au micro, il avait instillé un message à ses nombreux partenaires : « Ce sont des moments rares, il faut prendre son temps. » Michel applique sa propre consigne. Il savoure. Interpelle sa femme, assise à quelques mètres de lui. Un simple sourire et un petit hochement de tête suffisent pour se comprendre. « Prolongation et tirs au but, Michel », avait annoncé en s’esclaffant un de ses amis quelques minutes avant. « Ne me fais pas mourir ! », avait répondu tout à trac Michel.

Le cri du loup

En attendant, la prolongation est bien là. Trente minutes de souffrance mêlée tout simplement au bonheur de l’instant. La pression bretonne s’intensifie. Sur chaque situation chaude, le même petit cri de loup sort de sa bouche : « Ouuuuuuuuhhhhh ! » Guingamp prend l’avantage sur un but confus. « Qu’est ce qu’il s’est passé ? J’ai rien vu… », soliloque-t-il tout bas. « Je ne crois pas à un nouveau miracle », lâche-t-il. Il n’aura effectivement pas lieu une deuxième fois. Le rêve est passé pour Les Herbiers et son président.