Notre-Dame-des-Landes: Benoît Hamon veut stopper le projet, des élus locaux l'interpellent

PRIMAIRE A GAUCHE Le nouvel homme fort du PS veut mettre un terme au dossier NDDL...

F.B.

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Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle 2017.
P.Huguen/AFP
Benoît Hamon, candidat socialiste à l'élection présidentielle 2017. P.Huguen/AFP — AFP

Le succès de Benoît Hamon lors du second tour de la primaire à gauche est aussi celui d’un candidat à l’élection présidentielle pas franchement favorable à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Contrairement à l’ex-Premier ministre Manuel Valls, le frondeur socialiste propose en effet de renoncer au projet, compte tenu de son impact environnemental et de l'opposition d’une partie de la population.

« Plus de discorde et de désordre »

« Je suspendrai la déclaration d’utilité publique, je considère aujourd’hui qu’au regard des données, des études produites par le ministère de l’Environnement, ce chantier crée plus de discorde et de désordre qu’il n’apportera de perspectives économiques », avait-il expliqué le 25 janvier lors du dernier débat télévisé

« Gouverner, c’est être clairvoyant et c’est faire l’analyse quand un dossier est dans l’impasse. C’est savoir trancher et hiérarchiser », avait-il ajouté.

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Les cartes rebattues

La victoire de Benoît Hamon rebat donc les cartes au sein d’un PS jusque-là majoritairement favorable au projet d’aéroport. Sa nette avance en Loire-Atlantique (63% des voix) sonne aussi comme un désaveu particulier pour l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la maire de Nantes Johanna Rolland, ou le président du conseil départemental de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet, principaux défenseurs socialistes d’une nouvelle plateforme aéroportuaire à Notre-Dame-des-Landes.

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Lettre ouverte

Ce dernier a d'ailleurs publié, ce lundi matin, une lettre ouverte à Benoît Hamon. Philippe Grosvalet annonce qu'il sera «intransigeant» sur le dossier et lui demande notamment le «respect de la démocratie locale», évoquant le référendum organisé en juin dernier. «Ce dossier a été très largement débattu, et au fil du temps, les arbitrages ont confirmé sa légitimité», écrit-il. En conclusion, il invite Benoît Hamon à venir en Loire-Atlantique pour «mieux prendre en compte les enjeux de ce projet».

Yannick Vaugrenard, sénateur de Loire-Atlantique et David Samzun, maire de Saint-Nazaire, n'ont pas tardé non plus à prendre la plume. «Notre candidat doit être à l'écoute de celles et ceux qui, s'étant positionnés sur sa personne ou pas, lui demandent de reconsidérer un certain nombre de points, en particulier concernant l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il en va de la crédibilité des choix politiques et démocratiques», ont-ils réagi.