Nantes: Le chiffre d'affaires du centre-ville retrouve la forme, malgré les manifs du printemps

COMMERCE Les mouvements sociaux contre la loi Travail n'ont pas empêché les commerçants de faire une bonne année 2016...

Frédéric Brenon
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Soldes en centre-ville de Nantes.
Soldes en centre-ville de Nantes. — FABRICE ELSNER/20MINUTES

L’embellie se confirme. Après quatre années de baisse consécutives entre 2010 et 2014, le chiffre d’affaires des boutiques du centre-ville repart à la hausse depuis 2015. Sur les douze derniers mois, la croissance a même atteint 2,2 %, dévoile la chambre de commerce et d’industrie (CCI). « C’est un très beau rebond, synonyme d’une dynamique commerciale significative », se réjouit Hugues Frioux, son vice-président.

Une nouvelle génération de magasins

Les magasins culturels et de loisirs sont les principaux bénéficiaires de cette reprise, devant les magasins d’équipement de la personne et l’équipement de la maison. L’installation de nouveaux commerces a également atteint un record : 119 l’an dernier, soit 10 % de renouvellement de l’offre commerciale.

« Il y a une nouvelle génération de commerçants qui débarque. Avec pas mal de concept stores, des boutiques de déco, des commerces alimentaires autour du bio ou du vegan. Ces enseignes permettent de se démarquer de l’offre de périphérie standardisée », observe Nathalie Deniau-Million, présidente de l’association Plein centre.

L’ouverture des commerces deux dimanches avant Noël pour la troisième année consécutive a également eu « un impact très positif ».

Pas si catastrophique pendant les manifs

L’année 2016 aurait pu être encore meilleure s’il n’y avait pas eu un printemps marqué par les manifestations à répétition contre la loi Travail. « Elles ont handicapé fortement l’attractivité du centre-ville », peste encore Nathalie Deniau-Million. Pourtant, à bien y regarder, les chiffres d’affaires de la période n’ont pas été si catastrophiques : -1,1 % en avril, -0,9 % en mai, stabilité en juin. Loin des -30 % voire -50 % annoncés à l’époque.

« Il y a eu une grande disparité entre les commerces, justifie Hugues Frioux. Ceux qui étaient situés sur le parcours des manifestants ont énormément souffert. Au point d’envisager, pour certains, de mettre la clé sous la porte. D’autres plus éloignés ont réussi à tirer leur épingle du jeu en profitant peut-être d’un report de clientèle. »

Dans la foulée, l’été fut également « moins bon qu’espéré » avec des soldes « décevants » et des flux de piétons « en baisse », selon l’observatoire de la CCI.