Vendée: Marc Rivière, un Vendéen (encore) sur le toit du monde de la pâtisserie

GASTRONOMIE A 47 ans, cet habitant des Brouzils a remporté avec l'équipe de France la 15e édition de la Coupe du monde de pâtisserie à Lyon, lundi soir...

David Phelippeau

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Marc Rivière (celui qui tient le drapeau tricolore), avec son équipe.
Marc Rivière (celui qui tient le drapeau tricolore), avec son équipe. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

« La France… » Au moment de l’énoncé du verdict, lundi soir, à Lyon, Etienne Leroy, Bastien Girard, Jean-Thomas Schneider et Marc Rivière se tombent dans les bras et improvisent une sarabande du bonheur. Les quatre hommes viennent de remporter la 15e édition de la Coupe du monde de pâtisserie. L’aboutissement de plus d’un an de préparation et de dix heures d’un travail « chirurgical » (glace, chocolat et sucre) qui avait pour thème le Rock’n' Roll.

Un des vainqueurs, « le coach ou président d’équipe », est Vendéen. Marc Rivière (47 ans) partage sa vie entre Les Brouzils (village proche de Montaigu), où il est domicilié, et Paris, où il travaille en tant que chef pâtissier chez Potel et Chabot (traiteur événementiel). Dimanche et lundi, il a transcendé ses gars pour filer vers le titre suprême. « Je les ai motivés, je les ai poussés à leurs limites de technicité, explique Marc. Je me suis occupé des petits détails, de la finition du buffet, du petit plus qui peut faire gagner des points… » Interdiction en revanche pour lui d’intervenir sur l’œuvre sous peine d’être éliminé.

Un titre qui vient récompenser surtout un investissement sans limite depuis un an. Marc aime, donc il ne compte pas. La pâtisserie, c’est sa vie. Et sa passion de toujours le ramène évidemment à son enfance. « Je me souviens de ma grand-mère Marguerite qui nous faisait des crêpes au caramel beurre salé, se souvient ce natif de Rennes. Depuis l’âge de 5-6 ans, la pâtisserie est une vocation pour moi. Je ne me suis jamais éloigné du chemin, je n’ai jamais tergiversé… »

Enfin, si, un peu. Car, à l’âge de 4 ans, Marc rêvait non pas d’être pâtissier, mais boulanger. Très tôt, ses parents lui cherchent alors un maître d’apprentissage en boulangerie… En vain, c’est un spécialiste de la pâtisserie qui lui tendra les bras. « Je me souviens qu’il râlait car j’allais toujours mettre les mains dans le pétrin au lieu de m’intéresser à ses tartes aux fraises. C’est finalement comme ça que j’ai pris goût à la pâtisserie… »

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Jusqu’à devenir une référence dans sa spécialité. Fauchon, Harrod’s, Fouquet’s… « J’ai affûté mon expérience dans une quinzaine de maisons… » Depuis 2009, Marc est chef pâtissier chez Potel et Chabot. Avec toujours le même enthousiasme. « Je ne vais pas au travail en me disant que je vais m’embêter. On crée, on innove… »

Comme il l’avait fait en 2009 lors de son précédent titre de champion du monde avec son entremet glacé. Ce dernier est devenu un « best-seller » à la carte de chez Potel et Chabot. 1.000 couverts goûtent chaque semaine « ce gâteau à la crème glacée coco, caramel, banane au gingembre, accompagné d’un sorbet mangue et mandarine et d’un parfait glacé vanille gingembre ». Dans le petit village des Brouzils (« Brouzils City », comme dit fièrement Marc), il se murmure que certains habitants rêvent de se délecter de son « chef-d’œuvre ».

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