Mondial de handball: «Nantes? C'est là que les futurs Barjots sont un peu nés», raconte Costantini

INTERVIEW L'ancien sélectionneur de l'équipe de France se confie sur l'histoire d'amour entre la Cité des Ducs et le hand...

David Phelippeau

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Daniel Costantini, consultant pour RMC lors de ce Mondial
Daniel Costantini, consultant pour RMC lors de ce Mondial — F. Elsner / 20minutes

2001-2017. Il y a seize ans, l’équipe de France jouait sa phase de poule de son Mondial à Nantes. Ce vendredi, à 17 h 45, rebelote. Au parc des expos de la Beaujoire, les Bleus rencontrent le Japon lors de leur deuxième match de poule. Nantes, terre historique de handball et des Bleus ?  Daniel Costantini, ancien sélectionneur de l’équipe de France (1985-2001), en est convaincu.

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Nantes est-elle devenue encore davantage aujourd'hui une place forte du hand en France ?

A travers l’histoire, on retrouve toujours des traces de cette ville dans le hand. Nantes existait déjà il y a très longtemps, mais jamais au point où ça en est aujourd’hui. Aujourd’hui, le HBC Nantes fait partie des deux ou trois meilleurs clubs français. La salle XXL [parc des expos de la Beaujoire où va jouer la poule de la France] dans les grandes occasions permet de développer une jauge assez exceptionnelle et, puis, le palais des sports de Beaulieu va réapparaître à l’avenir dans le panorama du handball français… Nantes est la ville qui a le vent en poupe pour le hand, c’est certain.

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La locomotive, c’est le HBC Nantes ?

Dans les années 50, je me souviens qu’il y avait le HBCN, le Nantes étudiant club et la Laetitia Nantes handball… Je pense qu’ils avaient du mal à se mettre d’accord pour savoir qui allait être le porte-drapeau de la ville. Il y avait des petites querelles internes, ils ne voulaient pas se rassembler. Quand je suis arrivé à la Fédération en 1985, on parlait déjà de monter un gros club à Nantes. Il y avait eu des tentatives, mais jamais abouties. Nantes a souvent été l’endroit où il y avait des espoirs de grand club, mais jamais de concrétisation…

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Le déclic pour vous ?

Le déclic a été lorsque le HBC Nantes a fait l’effort de recruter Thierry Anti [coach actuel du HBCN depuis 2008]. Je n’ai pas de mal à en dire du bien car c’est mon ami. Il a une détermination étonnante. Il avait fait ses preuves à Paris, il a eu envie de changer d’air. Sa venue a été déterminante dans l’histoire de Nantes.

Le HBCN est actuellement 2e de D1 à un seul point de Paris. Vous êtes surpris ?

Je n’imaginais pas ça en début de saison. Je voyais Montpellier plutôt juste derrière Paris. Pour le HBCN, on se posait beaucoup de questions. Il y a eu beaucoup de recrues l’été dernier, l’arrêt d’Entrerrios, et finalement, la mayonnaise a très bien pris. Quand on voit récemment la démonstration de Nantes contre le PSG [succès 37-31 contre paris], on se dit que ce n’est pas donné à beaucoup de clubs de mettre Paris à dix buts à vingt minutes de la fin. Je ne pensais pas que Nantes pourrait rivaliser avec Paris comme il est en train de le faire…

Nantes a aussi une histoire avec les Bleus. Vous souvenez-vous de cette victoire de l’équipe de France, dont vous étiez le sélectionneur, contre l’URSS en 1991, à Beaulieu ?

Ça a été notre premier succès (29-28) déterminant. C’était un match amical. On venait de nous qualifier pour les JO de Barcelone. On était dans la dernière ligne droite pour rattraper les meilleures nations du monde. Et là, il y a ce succès contre une référence absolue. C’est là que les futurs Barjots sont un peu nés. On a fait un match étonnant. On a beaucoup capitalisé sur ce succès. On a réalisé ce jour-là qu’on pouvait renverser les meilleurs. On était seulement la 9e nation du monde…

Et puis, en 2001, il y a cette phase de poule au Mondial à Beaulieu encore…

Oui, on n’avait pas une poule très difficile. C’était même une poule exotique avec le Koweit, l’Argentine, le Brésil, l’Algérie et la Yougoslavie. Un souvenir ? Ce fameux match contre les Yougoslaves avec une Marseillaise a cappella dans Beaulieu. Tous ceux qui ont vécu ça s’en souviennent encore. Frissons garantis.

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