Saint-Nazaire: L'Etat français ouvre la porte à un rachat de STX par Fincantieri

INDUSTRIE Le secrétaire d'Etat Christophe Sirugue se montre plutôt favorable au rachat des cantiers navals par l'Italien Fincantieri...

F.B. avec AFP

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Construction du paquebot MSC Meraviglia aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire.
Construction du paquebot MSC Meraviglia aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire. — S.Salom-Gomis/Sipa

Voilà qui ne va pas ravir les syndicats et élus inquiets par la perspective d’un rachat des chantiers navals STX par son concurrent italien Fincantieri. Alors qu’il est attendu à Saint-Nazaire ce mercredi après-midi, le secrétaire d’Etat français à l’Industrie, Christophe Sirugue, s’est déclaré ce matin plutôt favorable à l’arrivée du repreneur transalpin.

« Nous n’avons pas à dire oui ou non » à l’italien Fincantieri, a jugé le secrétaire d’Etat lors d’une interview sur RMC. « Nous avions dit que nous voulions un industriel européen, Fincantieri c’est un industriel et européen, on aurait quand même aujourd’hui des difficultés à lui dire non », a ajouté Christophe Sirugue.

« L’Etat posera ses conditions »

L’Etat français est actionnaire à 33 % des chantiers navals de Saint-Nazaire et dispose donc d’une minorité de blocage. « L’intérêt de Fincantieri, c’est de réussir son opération avec le rachat de STX France. L’intérêt de l’Etat français, c’est de préserver notre fleuron. Je pense que c’est sur cette base-là que se fait la discussion », indique le secrétaire d’Etat.

« L’Etat posera des conditions qui sont : la pérennité de l’activité, la sécurisation des savoir-faire et la capacité de se projeter dans l’avenir », a précisé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, sur France Info.

La crainte d’un transfert de savoir-faire

Les syndicats chez STX craignent que le chantier nazairien soit lésé par de futurs arbitrages concernant les commandes ou d’éventuels doublons de poste. Ils redoutent aussi un transfert du savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois, et, à plus long terme, une délocalisation de la production. Certaines voix, dont celles de Force ouvrière, appellent l’Etat français à augmenter sa participation au capital.

Contrairement à sa maison mère, STX France, qui compte 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 sous-traitants, est en pleine forme avec un carnet de commandes très bien rempli.