STX: Les syndicats inquiets de la reprise des chantiers navals par Fincantieri

SAINT-NAZAIRE Les syndicats font part de leurs craintes alors que l'industriel italien a été retenu, ce mardi, comme unique candidat au rachat des chantiers navals de Saint-Nazaire...

20 Minutes avec AFP
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ST NAZAIRE, le 09/05/2014 Illustration des chantiers navals de Saint-Nazaire
ST NAZAIRE, le 09/05/2014 Illustration des chantiers navals de Saint-Nazaire — FABRICE ELSNER/20MINUTES

La décision est tombée. Ce mardi, la justice sud-coréenne a retenu le constructeur naval italien Fincantieri comme candidat préféré à la reprise de STX France. Et les craintes des syndicats du chantier naval de Saint-Nazaire sont loin d'être levées, tant sur le plan industriel et stratégique que sur la question de l'emploi.

«On est désormais fixé, mais ce n'est pas demain qu'on repeindra le portique aux couleurs italiennes. Il y a encore quelques étapes à franchir» et des interrogations sur une possible entrée au capital de l'industriel français DCNS ou d'armateurs, souligne Christophe Morel, délégué CFDT chez STX France.

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«On ne sait toujours pas comment Fincantieri va nous faire fonctionner, quelle stratégie ils vont développer pour les chantiers», déplore François Janvier, délégué CFE-CGC, pour qui l'arrivée du constructeur italien «n'est pas la meilleure nouvelle possible».

Pour Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force ouvrière (FO), «c'est une grosse déception». Le syndicat, qui réclame de longue date la nationalisation du chantier naval, estime qu'il est «encore temps pour l'Etat d'intervenir», en mettant en place le décret Montebourg de protection des entreprises stratégiques.

Transfert technologique vers la Chine

Les syndicats s'inquiètent qu'à moyen terme des synergies soient mises en place pour «supprimer des postes en doublons» entre Fincantieri et STX, qui réalisent tous deux des paquebots de croisière, mais aussi des navires militaires. Autre crainte, un transfert du savoir-faire français vers la Chine, Fincantieri ayant signé il y a quelques mois un accord de transfert de technologie avec un groupe chinois. Le risque, à plus long terme, est une délocalisation de la production.

Fincantieri, qui se présente comme le principal constructeur naval occidental, a construit plus de 7.000 navires en 230 ans et compte parmi ses clients des croisiéristes mais aussi de nombreuses marines étrangères, dont la US Navy. Il compte 20 sites répartis sur quatre continents. Le groupe italien vise pour 2016 une croissance de ses ventes de 4 à 6% par rapport à l'année précédente et un bénéfice net, contre une perte de 175 millions d'euros en 2015.

Des garanties en terme d'emploi

Majoritaire chez STX France, la CGT entend demander au secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirugue, attendu mercredi à Saint-Nazaire, «des garanties en terme d'emploi et un véritable plan de développement sur trois à cinq ans au regard du carnet de commandes», explique son secrétaire général, Sébastien Benoît. «Cette poule aux oeufs d'or, il faut la défendre», assure-t-il.