La prostitution étudiante au grand jour

Guillaume Frouin

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Le phénomène a pris son essor avec celui d'Internet. La prostitution étudiante va faire l'objet d'une conférence-débat inédite, jeudi soir, à la Manufacture des tabacs*. Dominique Rialland et Monique Chon, thérapeutes de l'association D'une Rive à l'autre, analyseront notamment les travaux d'Eva Clouet, auteur d'un mémoire de sociologie sur le sujet.


Cette femme de 23 ans a interrogé 138 étudiants en médecine et en psycho à Nantes, entre septembre 2006 et mai 2007. Elle a également rencontré sur Paris des étudiants qui se prostituent.

«Il s'agit souvent de jeunes femmes en 4e ou 5e année ou en doctorat, qui parlent parfois trois ou quatre langues», relève Monique Chon. «Beaucoup n'ont pas le sentiment de se prostituer, car leurs clients sont triés sur le volet, dans le même milieu social qu'elles.»

«Rupture avec leur environnement familial»

Et pour cause: les prises de contacts ont souvent lieu par le biais de petites annonces, sur des sites spécialisés ou des forums de discussion. La nuit s'y monnayerait autour de 400 euros, d'après le Mouvement du Nid, et les prestations ne seraient pas que sexuelles.

Appelées «escort girls», certaines filles proposent en effet à leurs clients «un accompagnement à un dîner en ville ou à des vacances», explique Anne-Marie Ledebt, responsable en Loire-Atlantique du Mouvement du Nid. Les motivations des jeunes femmes restent quant à elles floues. «Il s'agit souvent pour elles d'une forme de rupture avec leur environnement familial», estime Monique Chon.