Notre-Dame-des-Landes: «Honte», «scandale», «lâcheté»... Les pro-aéroport furieux contre le gouvernement

AÉROPORT Un proche du Premier ministre a fait savoir ce vendredi que l'Etat, malgré ses promesses, n'interviendrait pas à Notre-Dame-des-Landes...

Frédéric Brenon

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Bruno Retailleau s'était déplacé à Notre-Damde-des-Landes en janvier 2016.
Bruno Retailleau s'était déplacé à Notre-Damde-des-Landes en janvier 2016. — JS Evrard/AFP

Alors qu’il s’y était engagé à plusieurs reprises, le gouvernement ne démarrera pas les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et ne tentera pas d’évacuer la ZAD avant la fin 2016, a fait savoir ce vendredi un proche du nouveau Premier ministre Bernard Cazeneuve. Rien ne devrait d'ailleurs se passer avant mai 2017.

Cette information, qui n’a pas encore été confirmée par Matignon, est officiellement motivée par un pré-contentieux avec la Commission européenne au sujet de l’impact environnemental de l’aéroport. Elle a, en tout cas, été accueillie avec stupéfaction et colère par les pro-aéroport

« Le gouvernement nous mène en bateau »

« Attendre la décision de la Commission européenne, c’est un prétexte bidon. Tous les juristes le savent : l’Europe n’a pas compétence pour juger de l’opportunité du projet d’aéroport, y compris sur le plan environnemental», réagit Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et président du syndicat mixte aéroportuaire.

« Ce prétexte juridique cache simplement une lâcheté politique, poursuit-il. Car depuis des mois, le gouvernement nous mène en bateau. Il s’assied sur le résultat du référendum qu’il a lui-même voulu. Il s’assied sur 178 décisions de justice favorables au projet. Il s’assied sur la démocratie. »

Furieux, Bruno Retailleau a décidé de ne pas se rendre au comité stratégique de l’aéroport réuni ce vendredi soir par le préfet de Loire-Atlantique. « Ça suffit, j’ai mieux à faire que de perdre mon temps », a-t-il expliqué.

« Mais dans quel pays on se trouve ? »

Le président de l’association pro-aéroport Des Ailes pour l’ouest est tout aussi remonté. « C’est un scandale ! Une honte ! s’insurge Alain Mustière. Manuel Valls a annoncé devant tous les Français que les travaux débuteraient à l’automne. La consultation sur l’aéroport a déplacé 500.000 personnes aux urnes ! Ce n’était donc que pour nous amuser ? On sait bien que l’Europe n’a rien à voir là-dedans. La véritable raison de ce renoncement c’est qu’il n’y a aucun courage politique. Le gouvernement a peur d’affronter les opposants. Mais dans quel pays on se trouve ? C’est grave. »

« Nous l’avions dit des dizaines de fois »

De son côté, Françoise Verchère, co-présidente du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (CéDpa), jubile. « Je suis satisfaite de voir que le gouvernement français se souvient qu’il a un contentieux avec l’Europe. Nous l’avions dit, des dizaines de fois », ironise-t-elle.