Nantes: On a testé le menu 100% local de la cantine d'un lycée (et c'est un oui)

ALIMENTATION Une trentaine de lycées de la région ont mis au point un menu «Loire Océan». Reportage à Nelson-Mandela, à Nantes...

Julie Urbach
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Mon repas 100% local au lycée Nelson-Mandela de Nantes
Mon repas 100% local au lycée Nelson-Mandela de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes

Cela faisait plus de 10 ans que je n’avais pas remis les pieds dans un tel endroit. Ce jeudi, la cantine du lycée Nelson-Mandela, à Nantes, m’a ouvert ses portes pour me montrer que les repas « pizza-pâtes-babybel » (oui, oui), c’est bel et bien fini. Alors que la région Pays de la Loire vient de présenter son plan en faveur de l’agriculture, le manger local fait partie de ses priorités. Et une trentaine de lycées de la région jouent déjà le jeu. Avec un menu « Loire Océan », composé à 100 % de produits régionaux.

De prime abord, le plateau que l’on me sert ressemble à un autre. Une petite salade de céleri, un plat en sauce accompagné de légumes, une pomme cuite pour le dessert. Dommage, il ne restait déjà plus de rillettes de sardines. Et niveau dressage, on a vu mieux. Je remplis mon verre d’eau (sans oublier de regarder quel âge j’ai, au fond) et c’est parti.

La cantine du lycée Nelson-Mandela de Nantes
La cantine du lycée Nelson-Mandela de Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Coup de cœur pour le fromage de Mayenne

Première (bonne) surprise avec l’entrée, rien à voir avec la rémoulade industrielle : ça croque sous la dent et on sent le goût du légume ! En plus, il n’a pas fait beaucoup de route avant d’atterrir dans l’assiette. « Le céleri vient de la légumerie du lycée agricole Jules-Rieffel à Saint-Herblain, indique Christophe Colin, responsable de la restauration, qui prépare en moyenne 850 repas par service. Idem pour les pommes de terre bio. »

Pour le plat, justement, c’est aussi un succès pour le sauté de porc, produit en Vendée. Un peu moins fan du rutabaga, même s’il vient de Loire-Atlantique. « C’est pas parce que c’est local que c’est bon, me fait remarquer Juliette, élève en terminale ES. Mais ce qui nous est proposé a le mérite d’être original. C’est ici que j’ai mangé un kaki pour la première fois. C’est trop bon ! » Pour le dessert, le fromage (de l’Entrammes, bio et de Mayenne, là c’est moi qui ne connaissais pas) accompagné de pain acheté en boulangerie me ravit. La pomme de Saint-Julien de Concelles, légèrement dorée, passe bien. Mon plateau est vide et je n’ai plus faim.

Objectif 100 % français

« L’objectif de cette initiative est de créer un fil conducteur, que l’on mange de plus en plus local dans les lycées, et ce toute l’année », indique Isabelle Leroy, vice-présidente de la région en charge des lycées. A Nelson-Mandela, le pari semble réussi, avec déjà la moitié des produits issus des Pays de la Loire. La question du coût semble avoir été réglée : les produits bruts coûtent peut-être un peu plus cher mais ils sont tous transformés sur place. « C’est plus valorisant que d’ouvrir un sachet et de le réchauffer, confirme un cuisinier. Ici on fait nous-mêmes les sauces ! » Un travail sur les portions (avec un salade bar) et donc sur le gaspillage a aussi été effectué.

Un
Un - J. Urbach/ 20 Minutes

Reste à convaincre les autres établissements de franchir le pas. D’ici 2017, les lycées de la région sont incités à servir 100 % de produits français (dont la moitié issu de l’agriculture locale, et 20 % de bio). En attendant, je reviendrais bien au lycée Nelson-Mandela pour le repas de Noël, la semaine prochaine. Au menu notamment saumon mariné, filet de canard à l’orange, et mignardises façon café gourmand.