FC Nantes: Crise sportive, nouveau stade, vente du club... La mairie réagit

FOOTBALL La mairie de Nantes livre son point de vue sur la situation actuelle des Canaris, sur le terrain comme en coulisses...

Propos recueillis par Frédéric Brenon
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Pascal Bolo, premier adjoint au maire de Nantes et vice-président de Nantes métropole en charge du sport de haut niveau.
Pascal Bolo, premier adjoint au maire de Nantes et vice-président de Nantes métropole en charge du sport de haut niveau. — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Mais, au fait, que pense la mairie de Nantes de la situation actuelle du FC Nantes ? Pascal Bolo (PS), premier adjoint au maire et vice-président de Nantes métropole en charge du sport de haut niveau, livre à 20 Minutes son point de vue sur la crise sportive, le stade de la Beaujoire et les rumeurs de vente du club.

Le FC Nantes en position de relégable. « Bien sûr, ça nous attriste. Comme tous les supporters, on souhaite quitter la 19e place pour remonter au plus vite. Le FCN, sur le plan affectif, fait partie du patrimoine nantais. Les Nantais se sentent propriétaires de leur club et sont légitimement préoccupés. Mais on n’a aucune capacité d’agir. Ce n’est pas notre compétence, à tous les sens du terme. Et puis, bon, ça reste du football. Quand le FC Nantes est descendu en Ligue 2, la ville ne s’est pas effondrée pour autant. Ça n’a pas eu de portée réelle sur l’activité économique. »

« Un stade ? La ville n’en a ni les moyens, ni le besoin »

Waldemar Kita et son envie répétée d’un nouveau stade. « Johanna Rolland lui a dit, redit et il l’a enregistré très clairement : il n’y a pas dans les programmes d’investissement dans les années qui viennent le projet d’un nouveau stade à Nantes. Tout simplement parce que la ville n’en a ni les moyens, ni le besoin. Que Waldemar Kita défende son point de vue, son outil de travail, ça me paraît normal. Mais nous, on lui dit : "désolé, il n’y a pas de perspectives" et on regarde comment on peut améliorer de manière pragmatique la performance du stade de la Beaujoire. »

Les villes françaises qui, elles, ont décidé d’investir dans un stade neuf. « Bordeaux, Nice ou Lille ont fait un nouveau stade dans le cadre de l’ Euro 2016 mais elles avaient des équipements antiques, exactement comme quand on a construit la Beaujoire en 1984. Tout le monde s’extasie de leurs nouveaux stades mais, aujourd’hui, ils sont à peine remplis à la moitié dans leur utilisation courante. Ce sont surtout des équipements qui ont coûté et vont coûter très cher à la collectivité. Avec, en plus, des difficultés juridiques. »

« Ce sera la responsabilité de Waldemar Kita, pas la nôtre »

La modernisation du stade de la Beaujoire. « Je présenterai au prochain conseil métropolitain [la semaine prochaine] le déroulement d’un plan de modernisation du stade de la Beaujoire, d’un montant de 13 millions d’euros sur le mandat. C’est une somme non négligeable mais normale pour un patrimoine immobilier aussi important. On a déjà rénové les toilettes de la tribune Erdre, la tribune de presse a changé de place, les sièges vont être renouvelés, des bardages aussi. Il y a des endroits où le bâtiment a vieilli. Il y a aussi la capacité du stade à mieux accueillir des partenaires économiques qui paient très cher. La Beaujoire n’a pas été conçue dans cet esprit-là mais on peut encore trouver des espaces nouveaux. Ce sera le cas avec le transfert, l’été prochain, du PC sécurité qui libérera un superbe espace de loges. »

L’éventuelle vente du FCN. « Etant propriétaires du stade de la Beaujoire et du centre sportif José-Arribas [Jonelière], nous serions forcément associés s’il y a un projet. On doit nous présenter le nouveau propriétaire. La réalité c’est que, sauf proposition abracadabrantesque, si quelqu’un arrive avec une enveloppe pour racheter le club et le développer, ce sera la responsabilité de Waldemar Kita et pas la nôtre. Personne ne nous a interrogés à ce sujet récemment. Ça fait même un grand moment que personne ne m’a appelé pour dire qu’il voulait racheter le club. Ce que j’observe, c’est que Waldemar Kita a toujours tenu ses engagements. Des rumeurs sur la vente du club il y en a depuis 9 ans et il est toujours là. Il nous a toujours dit qu’il ne ferait pas de licenciement et il a tenu parole. On ne peut pas lui enlever ça. »