Nantes: Les produits invendus trouvent des clients grâce aux applis

CONSOMMATION De plus en plus de commerces nantais luttent contre le gaspillage alimentaire grâce aux applications mobiles...

Frédéric Brenon

— 

La pâtisserie-chocolaterie Carli réunit régulièrement des invendus dans une boîte surprise.
La pâtisserie-chocolaterie Carli réunit régulièrement des invendus dans une boîte surprise. — F.Brenon/20Minutes

Lutter contre le gaspillage alimentaire tout en faisant de bonnes affaires. C’est le leitmotiv de Too Good to go et d’ Optimiam, deux applications mobiles opérationnelles depuis peu à Nantes. Chaque jour, elles mettent en relation des consommateurs (inscrits gratuitement) avec des commerçants ayant des produits frais périssables.

Si le magasin constate qu’il aura des invendus, il se signale sur la plateforme et les propose à des prix cassés (-40 % minimum). Le client intéressé valide sa commande et n’a plus qu’à récupérer le produit (présenté sous forme de boîte surprise chez Too Good to Go) directement à la boutique, généralement juste avant sa fermeture.

« On parvient à vendre des produits destinés à finir à la poubelle»

Une vingtaine de commerçants (boulangerie, sandwicherie, épicerie, restaurant, etc.) nantais sont déjà partenaires de l’une ou l’autre appli.

« L’initiative est très bonne, se félicite Fabrice Denoux, gérant de La Tartinerie, quartier Bouffay. Grâce à l’appli, on parvient à vendre des sandwichs et des viennoiseries qui étaient destinés à finir à la poubelle le soir même. C’était perdu. Là, ça nous fait une petite manne financière supplémentaire, l’équivalent je pense de 2.000 euros à 3;000 euros sur une année. Ce n’est pas négligeable. Et puis les clients sont contents. »

«Des clients plus jeunes, attirés par les prix»

« C’est du gagnant-gagnant », confirme-t-on à la pâtisserie-chocolaterie Carli, chez qui on peut repartir, par exemple, avec une tarte citron meringuée, un éclair Mont-blanc et un criollo chocolat-frambosise pour un total de 4,50 euros au lieu de 12 euros.

« La plupart de nos pâtisseries doivent être détruites au bout de deux jours, explique Julien Leclercq, gérant de Carli. Elles restent mangeables mais sont moins savoureuses, moins fermes, donc on les jette ou on les donne au personnel. Ça fait mal au cœur quand on sait le temps qu’on y a consacré. L’appli permet d’éviter ce gaspillage tout en faisant découvrir nos créations à une nouvelle clientèle. On voit notamment venir des clients plus jeunes, attirés par les prix. » «On a beaucoup d'étudiants qui profitent de ce bon plan», confirme Fabrice Denoux.

Gratuit pour le public, commision ou abonnement pour les pro

Si l’inscription est gratuite pour les consommateurs, la participation des commerces ne l’est évidemment pas. Pour Too Good to go, le professionnel reverse une commission de 1 euro sur chaque transaction. Chez Optimiam, cela passe par un abonnement de 400 euros par an.

Outre ces applications marchandes, quelques associations collaborent aussi avec les commerçants afin d’utiliser les denrées invendues à des fins caritatives.

Selon les chiffres du ministère de l’agriculture, 2,3 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année par la distribution en France et 1,5 million de tonnes par la restauration.