FC Nantes: Discours de Kita, réunion de crise... La folle soirée nantaise après la Berezina

FOOTBALL Les Canaris, qui ont été balayés (0-6) par Lyon mercredi soir à la Beaujoire, s'enfoncent encore un peu plus dans la crise...

David Phelippeau

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Sala ou tout le désespoir nantais.
Sala ou tout le désespoir nantais. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

A différents niveaux, cette soirée à la Beaujoire du 30 novembre 2016 restera historique. Le FC Nantes (19e) a tout d’abord subi la plus grosse défaite de son histoire dans son stade face à Lyon (0-6) mercredi soir. Durant le dernier quart d’heure, une grosse partie de la tribune Loire a préféré partir plutôt que de continuer à s’infuser un spectacle insupportable quand on est fans du club nantais.

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A la fin du match, dans le vestiaire, c’est le président Waldemar Kita en personne qui a pris la parole. Un discours de quelques minutes qui montre à quel point la situation est inquiétante. Sans éclat de voix, il a expliqué en substance qu’il ne pouvait pas accepter de voir aussi peu de détermination, d’envie sur un match. Perdre oui, mais perdre 6-0 devant son public, c’est inadmissible, a-t-il regretté. Il a aussi fustigé une carence - souvent pointée du doigt par l’entraîneur René Girard depuis le début de la saison - : « son » FC Nantes n’a aucun caractère. Aucun joueur capable de tirer le groupe vers l’avant…

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Ce jeudi, le centre d’entraînement, qui devait normalement être ouvert au public, restera fermé. La séance sera à huis clos. La conférence d’avant match (pour le déplacement à Guingamp) a été repoussée à vendredi midi. Le président Kita souhaite que les joueurs se retrouvent en vase clos et se disent leurs quatre vérités. Pourquoi ? Parce que contrairement à ce que les joueurs martèlent, non, le groupe ne vit pas bien. Forcément, les résultats calamiteux sont en partie responsables de ce malaise, mais ils ne constituent pas la seule explication.

Non, le groupe ne vit pas bien

Depuis le début de la saison, le fossé n’a semble-t-il cessé de se creuser entre différents clans : les sud-Américains (Vizcarrondo, Sala, Aristeguieta), les Scandinaves (Thomsen, Kacaniklic, les plus anciens (Gillet, Riou…) et certains jeunes issus du centre de formation (Harit, Kwateng...) qui, manifestement, n’ont toujours pas pris la mesure de qui pouvait arriver au club dans les mois à venir si la situation sportive ne s’améliore pas. Le président Kita aurait aussi expliqué aux joueurs qu’ils avaient entre les pieds non seulement leur avenir, mais aussi celui de plusieurs dizaines de salariés…

Girard sur le banc à Guingamp (normalement)

Après ce discours, le président Kita, accompagné de son fils Franck Kita, s’est enfermé dans un bureau (toujours à la Beaujoire) avec le staff technique (le coach René Girard et ses deux adjoints Gérard Bernardet et Nicolas Girard). Il n’est pour l’heure pas (encore) question de se séparer de ces trois hommes… Le président Kita aurait demandé des actes et une autre attitude de la part de son équipe, samedi, à Guingamp. Il n’est pas certain néanmoins que Girard et ses adjoints résistent à une nouvelle défaite.

22 h 47, Kita quitte la Beaujoire…

A 22 h 35, Girard et ses adjoints ont quitté le stade. Trois minutes plus tard, Riou, Gillet et Dubois sont aussi partis. A 22 h 47, à l’abri des regards et des caméras (des stadiers ont tiré des bâches !), le président Kita a pris la poudre d’escampette dans un véhicule aux vitres teintées. La dernière vision d’une soirée pas comme les autres.