CHU de Nantes: Les décès suspects toujours inexpliqués

SANTE La mission de l'Igas fait état, lundi, d'une «absence de causes apparentes à ce stade des investigations»...

20 Minutes avec AFP

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Illustration du CHU de Nantes
Illustration du CHU de Nantes — SALOM-GOMIS SEBASTIEN

Les causes des trois drames sont encore difficiles à expliquer. L’enquête confiée à l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) après la mort de trois patients traités pour lymphome au CHU de Nantes n’a pas décelé, « à ce stade des investigations », de « causes apparentes » à ces décès. C’est ce qu’a annoncé mardi soir le ministère de la Santé.

Un quatrième patient également traité pour lymphome dans cet hôpital avec le médicament cyclophosphamide en remplacement du melphalan, et qui avait dû être admis en réanimation, est pour sa part « sorti de l’hôpital », a indiqué le ministère dans un communiqué. Les trois patients décédés, âgés de 61 à 65 ans, étaient morts entre le 10 et le 13 novembre, après de graves complications cardiaques.

Aucune anomalie

La mission de l’Igas fait état, dans ses premières conclusions remises lundi à la ministre de la Santé, d’une « absence de causes apparentes à ce stade des investigations » pouvant expliquer les complications observées chez les quatre patients.

A ce stade, l’Inspection générale ne relève « aucun écart », c’est-à-dire aucune anomalie, concernant « les indications, les contre-indication, les prescriptions, les reconstitutions, les administrations et la surveillance des traitements de chimiothérapie ».

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L’Igas « constate que la principale complication grave présentée par les quatre patients est une myocardite aiguë » et souligne que « ni ce type ni ce taux de complication n’est décrit dans la littérature internationale qu’elle a pu obtenir », relève le ministère.

L’Igas va poursuivre sa mission

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a demandé à l’Igas de « poursuivre sa mission » en examinant notamment les « conditions d’approvisionnement en melphalan ». Les médecins du CHU de Nantes avaient eu recours au cyclophosphamide en raison de ruptures d’approvisionnement du melphalan, traitement prévu à l’origine pour les patients. Le traitement utilisé dans le cas de ces quatre patients comprenaient aussi d’autres molécules.

En outre, la ministre a demandé à l’Agence du médicament-ANSM et à l’Institut national du cancer (INCa) de « recenser l’ensemble des patients traités pour lymphome en France en 2016 avec le même protocole de chimiothérapie afin de déterminer précisément la fréquence et les conséquences des complications cardiaques ».

Par ailleurs, l’enquête préliminaire ouverte le 18 novembre par le parquet de Paris après le signalement du CHU de Nantes se poursuit.