Ligue 1: De Lille à Nantes, René Girard n'a pas changé

FOOTBALL L’entraîneur nantais retrouve pour la première fois son ancien club samedi soir…

François Launay et David Phelippeau

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L'entraîneur nantais René Girard.
L'entraîneur nantais René Girard. — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

L’heure des retrouvailles a sonné. Pour la première fois depuis son départ de Lille en mai 2015, un avant la fin de son contrat, René Girard, le coach nantais, va retrouver le club nordiste samedi soir à la Beaujoire où le FC Nantes reçoit le LOSC dans un match de mal classés. L’occasion de constater que la méthode Girard est quasiment restée la même entre le Nord et la Loire-Atlantique.

Résultats sportifs 

Après 13 journées, le FC Nantes est 17e de Ligue 1. Plus inquiétant encore, le club – comme souvent depuis plusieurs saisons – ne brille pas par son efficacité offensive (avant-dernière attaque de L1 avec 12 buts). Au-delà de ces classements, le style de jeu pratiqué par l’équipe ne séduit guère.

A Lille (2013-2015), le style de jeu ne faisait pas non plus lever les foules et l’efficacité offensive laissait aussi à désirer. Mais la grosse différence avec Nantes, c’est que le club nordiste était beaucoup mieux classé. A l’issue de sa première saison au LOSC, Girard avait réussi l’exploit de faire monter le club sur la troisième marche du podium derrière les intouchables PSG et Monaco. Si elle a été plus difficile, la deuxième saison aura quand même vu le LOSC terminer à la huitième place.

Communication 

La conférence de presse hebdomadaire d’avant-match charrie (quasiment) toujours son lot de déclarations plus ou moins fracassantes. « Téléphone à ta grand-mère, elle va te le dire… », balance-t-il à un confrère qui lui parle de la rumeur Courbis (sondé par Kita fin septembre en prévision d’un éventuel remplacement de Girard).

Souvent sur la défensive avec les médias, Girard est resté le même qu’à Lille où son humeur était dépendante des résultats. Charmant la première saison quand le club gagnait. Parano et anti-journalistes dès que le LOSC s’enfonçait au classement comme ce fut le cas lors de sa deuxième année.

Relations avec ses dirigeants 

Jusqu’ici tout allait (à peu près) bien. Les dernières heures du mercato vont altérer considérablement les relations entre le coach et sa direction. René Girard, qui attend au moins un numéro 6 et un milieu excentré, se sent trahi notamment par Franck Kita, directeur général délégué et fils du président Waldemar Kita. Les relations entre les deux hommes sont désormais glaciales. Avec le président Kita, le contact n’est pas rompu, mais il ne repose pas sur une confiance inouïe.

Même chose à Lille où tout s’est (plutôt) bien passé jusqu’au mercato hivernal de la saison 2004-2015. Quand il apprend que Jean-Michel Vandamme, alors conseiller du président, est allé rencontrer dans son dos Hervé Renard pour une éventuelle succession, Girard se braque et décide de ne plus adresser la parole à ce dirigeant. Avec le président Michel Seydoux, d’abord amicales, les relations entre les deux hommes vont se détériorer, sans jamais se rompre, à la fin de l’ére Girard.

Relations avec les supporters 

Contesté par une frange de supporters à son arrivée, René Girard est paradoxalement plutôt épargné par le public nantais. Les résultats et le jeu pratiqué ne plaident pourtant pas en sa faveur. La majorité des fans nantais focalise sur le président Kita.

Avant son arrivée à Lille, l’entraîneur a également été contesté par un partie des supporters lillois. Mais les bons résultats de la première saison vont faire taire les contestataires… qui se réveilleront et réclameront même sa démission lors d’une deuxième saison plus compliquée.

Relations avec les joueurs

« Girard est plus proche [que Der Zakarian, l’ancien coach], expliquait le milieu nantais Valentin Rongier il y a quelques semaines. Il vient régulièrement nous demander comment ça va, comment on se sent. Et il fait ça avec tous les joueurs. » Comme partout où il est passé, Girard a plutôt l’adhésion de son vestiaire. Il semble respecté et écouté.

La preuve à Lille où le coach était également soutenu par son groupe qui appréciait son franc-parler et sa personnalité. Avant son départ à Dijon en fin de saison dernière, Florent Balmont estimait même que le Gardois était le coach le plus humain qu’il avait connu dans sa longue carrière lilloise.