Nantes: Et si vous imaginiez votre logement (et en partagiez une partie) avec vos voisins?

HABITAT PARTICIPATIF L'idée fait son chemin dans l'agglomération nantaise. Dix projets sont en cours, soutenus par la métropole qui recherche des habitants motivés...

Julie Urbach
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La Boite noire, habitat participatif quartier Bottière à Nantes
La Boite noire, habitat participatif quartier Bottière à Nantes — Class architectes

Pour l’instant, c’est une image de synthèse. Mais dans quelques mois, le projet imaginé par une dizaine de foyers nantais commencera à sortir de terre. Sur l’île de Nantes, le boulevard de la Prairie aux Ducs va recevoir cet immeuble particulier. S’il comptera 100 logements, 15 d’entre eux ont déjà été imaginés par leurs futurs occupants. Ces derniers ont aussi conçu des espaces qu’ils partageront avec leurs voisins, au quotidien.

« Buanderie, chambre d’amis, salle commune…, énumère avec enthousiasme Nathalie Retailleau, 48 ans, présidente de l’association Les Ruches, qui y emménagera avec son mari et ses deux enfants. Des endroits où l’on pourra se connaître, comme une grande terrasse ou un atelier bricolage qui se situera au rez-de-chaussée. »

Les résidents de l'association les Ruches ont imaginé le bâtiment
Les résidents de l'association les Ruches ont imaginé le bâtiment - GHT/ DR

Une autre façon d’habiter

« L’habitat participatif », voilà comment s’appelle cette démarche qui prend de l’ampleur en France. Le principe : plusieurs habitants (qui ne se connaissent pas obligatoirement et qui n’ont pas forcément le même âge) s’engagent ensemble dans la conception de leurs logements et espaces de vie, entourés d’un maître d’œuvre, d’architectes, et d’un promoteur immobilier (ou pas).

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Grâce à cette mutualisation, les coûts restent stables et permettent souvent à de jeunes ménages d’accéder à la propriété. C’est aussi une autre façon d’habiter. « On change de mode de faire, assure Pascale Chiron, adjointe au logement. La question du logement est quelque chose de très personnel. Travailler en amont sur son propre projet, c’est une chance ! »

Dix terrains mobilisés

Alors qu’une dizaine de petits lotissements de ce type ont vu le jour dans l’agglo, l’habitat participatif est sur le point de franchir un cap : pour encourager la démarche, dix terrains ont été sélectionnés par la métropole. Ce jeudi soir, une réunion d’information se tient afin de fédérer tous les Nantais qui seraient motivés par trois programmes en particulier, situés sur rue du Coudray, boulevard Joliot-Curie et quartier Bottière-Chênaie. Au total, 50 maisons ou appartements du T2 au T5 sont à saisir en accession abordable.

« Le prix moyen est de 2.500 euros du m2 », indiquent les promoteurs GHT et Harmonie Habitat. Les personnes intéressées par des logements en location peuvent aussi participer à ces réunions.

Relation de confiance

« C’est un projet difficile et long à mener mais qui vaut le coup, assure David, 36 ans. Ce père de famille, habitant l’un des premiers projets d’habitat collectif à Nantes (La Boîte noire, inaugurée en 2014 quartier Bottière) dit ne pas regretter s’être lancé dans cette aventure, qui a demandé quatre ans d’investissement, travaux compris.

« Chacun vit indépendamment mais on a une grande attention les uns pour les autres, bien plus que si l’on se croisait juste dans un hall d’immeuble, continue David. Même si on n’a pas les mêmes idées politiques ou goûts musicaux, on gère tous ensemble notre habitat : il y a une relation de confiance absolue. » A la Boîte noire, une réunion par mois est planifiée. Sans compter les sessions raclette, jardinage ou apéro.