Le bâtiment Hôtel-Dieu du CHU sera transféré sur l'île de Nantes à partir de 2023.
Le bâtiment Hôtel-Dieu du CHU sera transféré sur l'île de Nantes à partir de 2023. — F.Brenon/20Minutes

INTERVIEW

Décès suspects au CHU de Nantes: «Le lymphome est une maladie qui se soigne bien»

Trois patients atteints de lymphome sont décédés en quelques jours au CHU de Nantes. Le point avec Guy Bouguet, président de l’association France Lymphome espoir...

Que s’est-il passé au CHU de Nantes ? Une enquête vient d’être ouverte après la mort presque simultanée de trois patients atteints d’un cancer et sous chimiothérapie. Le but est de déterminer si le médicament de remplacement utilisé, faute d’approvisionnement de celui qui est généralement administré, est à l’origine de ces complications cardiaques qui leur ont été fatales. Les résultats seront connus dans une semaine.

Atteints de lymphome, les trois patients, décédés entre le 10 et le 13 novembre, étaient âgés de 61 à 65 ans. Un quatrième patient ayant suivi le même traitement est toujours hospitalisé. Le point avec Guy Bouguet, président de l’association  France Lymphome espoir, créée en 2006.

Qu’est-ce que le lymphome ?

Le lymphome est un cancer du système lymphatique, c’est-à-dire du système immunitaire. C’est une maladie encore méconnue alors qu’il est le 5e cancer chez les adultes en France en termes d’incidence :  environ 18.000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an. Le lymphome répond en général bien aux traitements, c’est une maladie qui se soigne bien, avec des guérisons ou au moins des rémissions longues. Il y en a cependant 80 types (les deux principales familles sont les lymphomes hodgkiniens ou non hodgkiniens), ce qui en fait une maladie compliquée à diagnostiquer.

Pourquoi le médicament cyclophosphamide a-t-il été utilisé pour ces patients, plutôt que le melphalan ?

La cyclophosphamide est utilisée depuis plusieurs années dans plusieurs protocoles sans qu’il y ait de souci. Là, elle a remplacé une autre molécule car il y aurait une pénurie. Il faut vraiment se poser la question des raisons de ce manque : est-ce pour faire augmenter le prix de la molécule ? Quoi qu’il en soit, nous avions prévenu les autorités de santé il y a deux semaines de ces problèmes d’approvisionnement. Même s’il y a une solution de substitution, il n’y a pas de raison de changer un protocole quand celui-ci fonctionne.

Qu’a-t-il pu se passer au CHU de Nantes ?

J’ai du mal à l’expliquer, d’autant que nous sommes tristes et choqués par cette nouvelle. Je connais bien le service d’hématologie du CHU de Nantes qui est un centre expert en France et au niveau international. La technique de l’autogreffe (des cellules-souches sont prélevées chez le patient et lui sont réinjectées pour reconstituer les cellules sanguines, après une chimiothérapie intensive), utilisée pour ces patients, existe depuis longtemps et est bien encadrée. Elle permet d’ailleurs d’obtenir de très bons résultats.