Notre-Dame-des-Landes: Déçus mais pas abattus, les anti-aéroport iront au Conseil d'Etat

PROJET D'AÉROPORT Les opposants ont exprimé leur « surprise » après le feu vert au projet donné par la cour administrative d'appel ce lundi...

F.B. et J.U.

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Julien Durand et Françoise Verchère (au second plan) déçus par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes.
Julien Durand et Françoise Verchère (au second plan) déçus par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes. — D.Meyer/AFP

Elles sont « surprises », « déçues », mais restent « déterminées ». Les principales associations opposées au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont annoncé qu’elles allaient formuler un recours (non suspensif) devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française, après le revers infligé ce lundi après-midi par la cour administrative d’appel de Nantes.

Les anti-aéroport contestaient la validité des arrêtés préfectoraux autorisant l’Etat et le concessionnaire Vinci à déroger au code de l’environnement pour procéder à la construction de l’aéroport et de sa desserte routière. Les juges en ont décidé autrement, malgré la préconisation du rapporteur public qui, lui, recommandait d’annuler les arrêtés et d' envisager un réaménagement de l’actuel aéroport Nantes-Atlantique.

« Dommages humains et environnementaux massifs »

« Le rapporteur public avait fourni des arguments pointus, détaillés, basés sur des faits techniques. Mais la technique a été dépassée par le politique, estime Julien Durand, porte-parole de l’Acipa. C’est une grande déception mais nous allons continuer le combat. Nous souhaitons bon courage à Manuel Valls car la résistance sur le terrain ne sera que démultipliée après cette décision. »

​« La cour a rendu un arrêt avec des arguments que l’on ne cesse de dénoncer depuis des années, déplore Françoise Verchère, coprésidente du collectif des élus opposés à l’aéroport (CéDpa). C’est une grande surprise même si nous étions restés prudents car nous n’avons jamais été ménagés dans ce dossier. Je pense toujours qu’il est impossible que cet aéroport voie le jour sauf à faire des dommages humains et environnementaux massifs. »

« C’est la première fois que je vois ça »

« Nous avons deux mois pour saisir le conseil d’Etat mais un certain nombre de requérants sont déjà prêts à y aller, rapporte Thomas Dubreuil, avocat des opposants. L’arrêt de la cour, que nous devons encore étudier, est un revirement total. La semaine dernière, une magistrate nous disait que nous avions raison, aujourd’hui tous ces arguments sont balayés. C’est la première fois que je vois ça. »

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​Le candidat d’Europe écologie à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, ne cache pas non plus son « étonnement ». « Il est rarissime que le rapporteur public soit ainsi désavoué malgré sa précision », a déclaré l’écologiste, estimant même qu’il « est difficile de déconnecter cette décision du contexte politique ».

L’association France nature environnement a, elle aussi, exprimé sa déception.

En première instance, devant le tribunal administratif de Nantes en juillet 2015, les opposants au projet d’aéroport avaient déjà été déboutés de leurs recours contre les arrêtés préfectoraux.