Nantes: Attention au radon, ce gaz naturel méconnu qui s’infiltre dans les maisons

SANTE En Loire-Atlantique, les habitations de rez-de-chaussée sont particulièrement exposées à ce gaz qui émane des roches granitiques. Une réunion publique se tient ce jeudi soir à Nantes...

Julie Urbach

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Il est nécessaire d'aérer fréquemment sa maison pour se débarrasser du radon. (Ilustration de volets)
Il est nécessaire d'aérer fréquemment sa maison pour se débarrasser du radon. (Ilustration de volets) — CHARDON/SIPA

Il ne se voit pas, ne sent rien, et 58 % des habitants de la région n’en ont jamais entendu parler. Pourtant, le radon est « un sujet majeur de santé publique pour les Pays de la Loire », selon Annick Bonneville, la directrice régionale de la DREAL. Ce gaz radioactif, qui émane naturellement de l’uranium présent dans les roches granitiques des sous-sols, représenterait un certain risque dans près de 9 villes sur 10 de Loire-Atlantique (et 53 % des communes de la région, mais aussi en Bretagne).

Pour autant, pas question de stresser. Car le risque existe seulement si la concentration de ce gaz dans son logement est trop élevée et pendant trop longtemps. Autre nouvelle rassurante, des gestes simples permettent de se protéger de ce qui constitue tout de même la deuxième cause de cancer du poumon derrière le tabac.

Une réunion publique ce jeudi

C’est le message que souhaitent faire passer les autorités, qui ont lancé l'an dernier une campagne de sensibilisation à destination du grand public. Ce jeudi soir, une réunion publique (entrée libre et gratuite) est également organisée à la salle festive du Breil à Nantes à 18h30, pour faire le point sur la problématique, et prodiguer des astuces.

« Le premier conseil est de colmater toutes les fissures de ses murs, voire d’étanchéifier les sols pour que le gaz ne puisse pas entrer, indique-t-on à l’ARS. Il est surtout important de le faire sortir, en ouvrant ses fenêtres plusieurs fois par jour surtout le soir, ou en veillant au bon fonctionnement de sa ventilation. Le radon se dilue dans l’air »

Mesures régulières

Pour savoir où l’on en est, il est conseillé aux habitants des maisons ou des rez-de-chaussée (le radon ne monte pas plus haut) de procéder à des mesures régulières, via des dosimètres (à partir de 25 euros, ou distribués gratuitement). Depuis huit ans, la mairie de Nantes en organise dans plusieurs quartiers de l’ouest de la ville, autour du Sillon de Bretagne, zone jugée la plus à risque.

« Environ un tiers des logements testés a un seuil de concentration important, c’est-à-dire supérieur à 300 Bq, détaille Patricia Saraux, médecin en chef de la santé publique. 3 % avaient une concentration très élevée ». Des relevés sont aussi effectués dans toutes les écoles de la ville. Des travaux ont parfois été nécessaires pour faire baisser les taux.

Illustration d'un kit pour mesurer la présence de radon
Illustration d'un kit pour mesurer la présence de radon - J. Giquel/20 Minutes