La ligne 4 de busway à Nantes, ici sur l'île de Nantes.
La ligne 4 de busway à Nantes, ici sur l'île de Nantes. — © Fabrice ELSNER

TRANSPORTS

Nantes: 10 ans de busway, pour quel bilan et quel avenir?

Le directeur de la TAN évoque le succès de la ligne, sa saturation, mais aussi les nouveaux bus géants et électriques attendus...

Lors de sa mise en service le 6 novembre 2006, le busway avait été accueilli avec scepticisme, tant de la part des voyageurs, qui auraient préféré un tramway, que des automobilistes, qui subissaient d’importants embouteillages au sud de Nantes en raison du rétrécissement de la voirie.

Dix ans plus tard, ce bus à gaz circulant en site propre entre la place Foch et la porte de Vertou a trouvé son public sur la ligne 4. Alain Boeswillwald, directeur de la TAN, dresse le bilan. Et nous dit à quoi ressemblera l’avenir.

Les raisons d’un busway. « A l’origine, le projet était de faire une ligne de tramway branchée à Pirmil. Mais ça a capoté en raison des prévisions de trafic insuffisantes. Jean-Marc Ayrault nous a alors demandé de rechercher une alternative avec un coût restreint et la même qualité de service que le tramway. C’est comme ça qu’est née l’idée du busway, l’un des tout premiers bus à haut niveau de service (BHNS) de France. Plusieurs villes s’en sont inspirées ensuite. »

L’accueil du public. « Ça a été un peu compliqué au départ car tous les travaux n’étaient pas terminés, nous n’avions pas non plus tous les véhicules. Mais le busway a été très vite adopté, à tel point que nous avons toujours été en avance sur les prévisions de fréquentation. L’objectif de 25.000 voyageurs jour a été atteint en deux ans. On en est aujourd’hui à 39.000, ce qui pose des problèmes de saturation. C’est en quelque sorte la rançon du succès. »

Le busway de Nantes circule en site propre.
Le busway de Nantes circule en site propre. - JS Evrard/Sipa

Son principal atout et son principal défaut. « Il offre la même fréquence qu’un tramway (2’30 aux heures de pointe) alors qu’il coûte trois à quatre fois moins cher à la collectivité. La difficulté en revanche, c’est que les busways sont aujourd’hui trop remplis. Les conditions de transport se sont dégradées. On conseille à nos clients d’attendre le busway suivant mais ils nous répondent parfois qu’ils sont pleins aussi. D’ici à 2018, on n’a pas de solution. Les moyens ont été renforcés et on ne sait pas descendre en dessous d’une fréquence de 2’30 en raison des cycles de feux et du temps nécessaire aux montées-descentes. »

Des busways plus grands en 2018. « Toute la flotte de véhicules sera renouvelée à partir de septembre 2018. On passera à des bus électriques de 24 m [au lieu de 18 m actuellement], soit tout de même 30 % de capacité supplémentaire. On pourra embarquer 150 personnes au lieu de 115. Ça devrait faire baisser sensiblement l’effet de saturation. Le choix du constructeur sera fait avant l’été 2017. La mise en service sera progressive jusqu’à la rentrée 2019. »

Des busways 100 % électriques. « On abandonnera les bus gaz pour des 100 % électriques. Ils se rechargeront aux terminus et à certaines stations. Ils seront plus propres mais aussi beaucoup plus silencieux pour les passagers et les riverains. Comme il y aura peu de batterie, ils seront aussi plus plats et spacieux que les busways actuels. Ce sera innovant mais on est confiant. Beaucoup de villes sont en train de faire cette transition. »

La ligne 4 de busway, ici à son terminus nord place Foch à Nantes.
La ligne 4 de busway, ici à son terminus nord place Foch à Nantes. - FABRICE ELSNER/20MINUTES

La ligne 4 de busway prolongée ou dupliquée ailleurs à Nantes ? «  L’allongement de la ligne 4 n’est pas une priorité aujourd’hui, ni vers le nord, ni vers le sud. Quant à une nouvelle ligne de busway à Nantes, ce ne sera pas évident car une plateforme de busway c’est 7 m de large, c’est beaucoup. Il y a peu d’itinéraires qui s’y prêtent. C’est pour ça qu’on développe davantage les lignes chronobus, lesquelles mêlent site propre et voirie partagée. »

L’impact du busway sur l’urbanisme au sud de Nantes. « Je ne sais pas si c’est beau ou si c’est moche, mais le busway a quand même permis de réaménager et de recoudre des quartiers qui avaient été tranchés par l’ancienne autoroute de Bordeaux. Quand on voit le Clos Toreau, Bonne Garde, il y a un sacré changement. Des logements, des activités, sont apparus. Avant, on ne pouvait pas traverser. »


Animations pour les 10 ans

Pour les 10 ans du busway, la TAN lance à partir de ce lundi une série d'animations. Des bonbons seront distribués, des jeux sont à gagner, des annonces vocales étonnantes sont à entendre.