Assassinat de Marion: Les experts en désaccord sur la santé mentale de l'accusé

JUSTICE Yannick Luende-Bothelo comparaît depuis mardi pour le viol et l’assassinat de Marion, 14 ans, tuée en 2012 à Bouguenais…

F.B. avec AFP

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La cour d'assises de Loire-Atlantique se penche sur l'assassinat de Marion, tuée en 2012 à Bouguenais.
La cour d'assises de Loire-Atlantique se penche sur l'assassinat de Marion, tuée en 2012 à Bouguenais. — F.Brenon/20Minutes

Ouvert depuis mardi, le procès d’assises de Yannick Luende-Bothelo, jugé pour le l’assassinat sauvage et le viol de la jeune Marion à Bouguenais et l’agression de deux personnes âgées à Vertou en mars 2012, a donné la parole aux experts psychiatres. L’enjeu est en effet de déterminer si l’attitude et les propos parfois incohérents de l’accusé traduisent une maladie mentale ou non. Et de savoir s’il peut être considéré pénalement responsable de ses actes.

Schizophrène pour l’un

A la barre, le premier collège d’experts a estimé que Yannick Luende-Bothelo souffrirait d’une « schizophrénie paranoïde », ce qui ne le rend pas accessible à une sanction pénale. « Il a une mission, il doit sauver le monde, voir le président, être proclamé et être reconnu dans sa mission », a résumé le docteur Marc Longuet, qui a exclu toute simulation chez l’accusé.

Les symptômes de son trouble (« délire, repli sur soi, froideur affective, indifférence à sa situation ») seraient apparus au moins deux ans avant les faits, selon Marc Longuet.

Toxicomane non psychotique pour l’autre

Pour un second expert, en revanche, Yannick Luende-Bothelo ne serait pas schizophrène. Il s’agirait davantage d’un toxicomane ayant eu un « passage à l’acte délirant ». Lors de son entretien avec l’accusé, ce dernier semblait s’être « relativement bien » adapté à la vie carcérale, a mis en avant le professeur Michel Amar.

« Nous nous sommes trouvés face à un homme qui ne délirait pas, qui n’était pas discordant, qui n’était pas psychotique », a-t-il ajouté à la barre. Son refus de s’expliquer devant la cour d’assises depuis se justifierait surtout par une « amnésie salvatrice », selon Michel Amar.

Les proches de Yannick Luende-Bothelo considèrent que l’accusé a besoin de soins. Ses avocats espèrent obtenir de la cour une hospitalisation sous contrainte plutôt qu’une longue peine de prison.