Vendée Globe: Refusé par la direction, il prend la mer, une semaine après le départ officiel

VOILE Non qualifié par la direction de l’épreuve, un skipper doit partir, dimanche (15 h 02), des Sables-d’Olonne, faire « son » Vendée Globe…

David Phelippeau

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Jeff Pellet partira samedi, à 16 h des Sables d'Olonne.
Jeff Pellet partira samedi, à 16 h des Sables d'Olonne. — @En Mille et Une Images

Il était pourtant à 200 m à vol d’oiseau du village du Vendée Globe, des pontons, de toute l’effervescence, mais Jeff Pellet n’a toujours « pas mis les pieds » à Port Olona. « Et puis je n’ai pas non plus été invité ! », rigole jaune le skipper sablais de 46 ans. Jeff Pellet n’a pas invité au village, mais surtout, il n’a pas été autorisé à prendre le départ du Vendée Globe 2016 avec les 29 autres skippers.

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Il ne répond pas aux conditions fixées par la direction de course

Début septembre, il a appris par courrier la mauvaise nouvelle qu’il sentait venir. Le skipper du bateau Come in Vendée, financé par 400 partenaires, ne « répond pas aux conditions fixées par l’avis de course », indique la direction de l’épreuve. Pour se qualifier, le Sablais, bizuth sur le Vendée Globe, devait terminer une course officielle répondant à différentes caractéristiques. Plusieurs transats lui sont alors proposées ces derniers mois pour valider son billet. Mais Jeff Pellet n’en fera aucune. Souci de timing pour la New York-Vendée, souci personnel pour la Québec-Saint-Malo. Jeff envisage alors d’organiser sa propre course, avec les Sports nautiques sablais. Problème, la fédération française de voile refuse.

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Parrainné par Philippe Jeantot

« A un moment, je me suis dit que c’était de l’acharnement, confie Jeff, qui navigue depuis 30 ans. Beaucoup de mes potes m’ont dit : “Mais, ce n’est pas possible, ils t’en veulent !” Le pire c’est que la direction de la course me dit qu’elle craint plus pour des skippers qui ont moins d’expérience que moi, mais elle me reproche de ne pas rentrer dans une petite case. Avant, le sens maritime primait, il ne fallait pas rentrer dans un tableau Excel. Le Vendée est devenu une course à l’armement, mais je suis content car le parrain de mon bateau, c’est le créateur de l’épreuve : Philippe Jeantot ! »

Le skipper Jeff Pellet.
Le skipper Jeff Pellet. - @En Mille et Une Images

Si la météo le peut, il part samedi

Non qualifié début septembre, Jeff Pellet n’a pour autant pas abandonné « son projet d’une vie ». « J’ai l’idée de faire cette course depuis vingt ans. Ma fille, qui a 20 ans, a toujours connu mon envie. J’ai vendu ma maison il y a un mois pour mettre tout l’argent qu’il me reste dans le bateau. » Autant dire qu’à part une météo exécrable, rien ou personne ne l’empêchera de partir en « pirate », dimanche, des Sables, à 15 h 02. « Je préfère le terme de “corsaire” des entreprises vendéennes. Pirate, c’est péjoratif, je ne vole rien ! Quand on a un rêve, il faut aller au bout et ne pas débarquer du bateau tant qu’il n’a pas coulé… »

Le bateau de Jeff Pellet.
Le bateau de Jeff Pellet. - @En Mille et Une Images