Nantes: Le procès d'assises du meurtre atroce de Marion s'ouvre mardi

JUSTICE Yannick Luende-Bothelo a avoué avoir violé et poignardé à mort l'adolescente en mars 2012 à Bouguenais...

Frédéric Brenon et Julie Urbach

— 

Portrait et fleurs en hommage à Marion sur les lieux du drame.
Portrait et fleurs en hommage à Marion sur les lieux du drame. — F.Perry/AFP

Le drame avait suscité une vive émotion dans l’agglomération nantaise. Le 19 mars 2012 à Bouguenais, près de Nantes, le corps de Marion, 14 ans, était retrouvé sans vie dans des toilettes publiques du quartier des Couëts. L’adolescente avait été violée puis sauvagement poignardée de 69 coups de couteau. L’auteur présumé de cet acte effroyable, Yannick Luende-Bothelo, un Angolais né au Congol âgé de 29 ans, sera jugé ce mardi par la cour d’assises de Loire-Atlantique.

Cet ancien toxicomane, porteur d’un bracelet électronique dont il s’était débarrassé, avait été interpellé quelques jours après les faits en possession d’un couteau et du téléphone de la jeune fille. Juste après le meurtre de Marion, il avait agressé violemment deux personnes âgées à Vertou. L’une avait reçu deux sérieux coups de couteau, l’autre avait subi un début étranglement.

« De vrais actes de torture »

Déjà condamné à dix reprises pour des délits mineurs, l’accusé avait reconnu le meurtre de Marion mais ne s’est jamais clairement justifié, tenant parfois des propos peu rationnels. Sa fragilité mentale a d’ailleurs longtemps entretenu le doute sur son discernement et sa capacité à être jugé. Le magistrat en charge de l’instruction avait d’abord envisagé un non-lieu psychiatrique. Quatre expertises ont dû être effectuées pour confirmer la tenue du procès.

>> A lire aussi : Nantes: Deux cents personnes à la marche blanche en hommage à Marion

« Ce n’est pas sans angoisse que la famille aborde le procès mais nous nous sommes battus pour l’avoir, ça a été un vrai combat, explique Louis-Georges Barret, avocat de la mère de Marion. Ses proches espèrent que, pour la première fois, ils pourront avoir des explications et que Yannick Luende-Bothelo arrêtera la comédie. Il est évident que nous n’aurons pas toutes les réponses attendues mais, déjà, on ne parle plus de l’aliénation de l’accusé. C’est important car cet argument camouflait le caractère vraiment atroce de cette affaire. Marion a subi de vrais actes de torture. Cela mérite une condamnation lourde. »

« Cela ne va pas être simple », prévient l’avocat de l’accusé

Les avocats de l’accusé entendent, eux, défendre de nouveau son irresponsabilité pénale et demander l’hospitalisation sous contrainte. « C’est quelqu’un qui s’est plongé dans la solitude, qui ne fait rien de ses journées, ne parle à personne, raconte Carole Le Roux, l’avocate de Yannick Luende-Bothelo. Après avoir passé quatre ans et demi isolé, il a vieilli énormément et paraît très affaibli physiquement. Cela ne va pas être simple de suivre les débats. »

Verdict attendu le 18 novembre.