Cinq élus passent par la case prison

F. Brenon - ©2007 20 minutes

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« Nous tenions à leur rappeler qu'ils doivent utiliser leur droit de visite. C'est très important que nos parlementaires aient conscience de ce qu'est la réalité carcérale avant de voter des lois. » Les responsables nantais du Genepi (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées) ont en partie réussi leur coup.

Hier, quatre députés (de Rugy, Ménard, Hunault, Bouillé) et une sénatrice (Papon), sur les quinze parlementaires du département sollicités, ont visité la maison d'arrêt de Nantes comme leur statut les y autorise. « Ce qui frappe d'entrée, même on s'y attendait, c'est la surpopulation, raconte François de Rugy (Verts) qui effectuait sa première visite. On a vu des cellules à six détenus. Le personnel nous a expliqué à quel point ces conditions rendaient leur travail très difficile. » « Il y a des détenus qui ne devraient pas être mêlés aux autres ou qui ne devraient même pas être incarcérés, car ils relèvent de la psychiatrie », remarque de son côté Monique Papon (UMP). « C'est aussi ce qui m'a le plus marquée, ajoute Marie-Odile Bouillé (PS), les grands malades n'ont rien à faire ici. » Plus optimiste, Michel Hunault (Nouveau centre) voit, lui, quelques signes encourageants : « On a senti un certain apaisement du personnel dans la mesure où la prison va être transférée d'ici trois ans. La situation devrait aussi s'améliorer avec la nouvelle loi pénitentiaire du gouvernement. » « A chaque fois qu'une peine le permet, il faut éviter l'incarcération », conclut Michel Ménard (PS).