Nantes: 30 «morts de la rue» cette année, un hommage se prépare pour eux

SOCIAL Une cérémonie en leur mémoire se tient ce samedi matin à la chapelle du CHU…

Julie Urbach

— 

Marseille le 4 janvier 2010 - Un sdf dans le centre ville / Illustration
Marseille le 4 janvier 2010 - Un sdf dans le centre ville / Illustration — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Daniel, Bruno, Yvan, Gérard, Thierry… Ils sont décédés cette année dans les rues de Nantes ou d’une autre commune de l’agglomération, comme 25 autres hommes mais aussi femmes. C’est ce que révèle l’association De l’Ombre à la lumière, qui s’apprête à saluer la mémoire de ces personnes isolées, en cette période de Toussaint.

Ce samedi à 10h, une cérémonie leur sera dédiée à la chapelle du CHU Hôtel-Dieu. La chorale des SDF y chantera pour leurs amis disparus, en présence de « toutes les personnes soucieuses du devenir de notre humanité ». Deux cents personnes au moins devraient y assister, comme l’an passé.

>> A lire aussi : Portrait de Jean Tessier, qui a longtemps célébré les messes pour les « morts de la rue »

Olivier Jobert en fera évidemment partie. Ceux qu’on appelle les « morts de la rue », âgés en moyenne de 45 ans, le président de l’association de l’Ombre à la lumière en connaissait certains de leur vivant. « Il s’agit de SDF qu’en tant que bénévoles dans différentes structures, nous avions côtoyé lors de leurs passages en centre d’accueil, détaille-t-il. D’autres sont des personnes isolées, retrouvées dans leur HLM parfois plusieurs mois après leur mort. Si on n’était pas là, tous ces gens auraient été enterrés comme des chiens. »

Retrouver des membres de la famille

Car au-delà de leur rendre un hommage annuel, l’association travaille toute l’année pour donner aux indigents une fin de vie dans la dignité. En lien avec les mairies, une trentaine de membres effectuent les démarches administratives, organisent la cérémonie (laïque ou religieuse, selon le profil du défunt), sans oublier de faire paraître dans les journaux les avis d’obsèques.

« On arrive par ce moyen à retrouver des amis ou des membres de la famille qui avaient baissé les bras, continue Olivier Jobert. Au moment du décès, ils renouent avec une personne qu’ils n’ont pas vue depuis 5 ou 10 ans. On leur parle de ce qu’ils étaient, des souvenirs qu’on a… »

Plus de 320 décès en France

Selon le collectif national Les Morts de la Rue, en lien avec l’association nantaise, 323 personnes sans domicile fixe seraient décédées depuis le début de l’année 2016. Mais ce chiffre, arrêté au 25 octobre, pourrait être jusqu’à dix fois supérieur car il se fonde sur les informations collectées par des sources variées comme « des particuliers, associations, institutions, ou médias ».

A Nantes, la majorité d’entre eux sont enterrés au cimetière nantais de la Miséricorde. Les tombes seront fleuries ce samedi à l’issue de la cérémonie.