Nantes: Le mini bobsleigh de Procé, une institution qui a 30 ans

LOISIRS Inchangée depuis son ouverture, la piste de Babibob reste très appréciée des enfants...

Frédéric Brenon
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La piste de Babibob du parc de Procé à Nantes.
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La piste de Babibob du parc de Procé à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Un peu caché, pas mal décrépit, mais toujours autant apprécié. Le Babibob du  est une institution pour des milliers de Nantais. Cet étonnant parcours de bobsleigh réservé aux enfants, ouvert les mercredis, samedis et dimanches après-midi et chaque jour de vacances scolaires, célèbre ses 30 ans.

Le fonctionnement, comme le décor, n’a pas changé : on choisit son engin parmi les 16 voiturettes à roulettes, on le hisse jusqu’en haut de la piste, et on embarque pour 30 secondes de descente, sans fioriture.

« Le Babibob avait marqué son enfance »

« La piste est restée telle quelle, confirme Jean-Louis Bequet, gérant du Babibob depuis le début. Il faut retaper la résine de temps en temps, changer les roues et les volants, c’est tout. » Le prix reste modique : 0,70 euro le tour, 2,5 euros les quatre.

De quoi conserver une clientèle d’habitués, « qu’on apprend à connaître un peu jusqu’à ce qu’ils grandissent ». Il y a aussi les parents « qui venaient étant jeunes puis reviennent » avec leurs bambins. « Tenir un volant dans ses mains, à cet âge, ça fait toujours rêver », constate-il. Certains font même des petits cadeaux. « Un ostéopathe m’a offert une séance parce que le Babibob avait marqué son enfance. »

« Ce n’est pas maintenant que je vais faire fortune »

L’affluence, pourtant, serait en « nette baisse », tout comme au manège voisin, malgré une embellie chaque printemps. « Il y a des jours où c’est très calme, déplore le gérant. Les enfants sont sur l’ordinateur ou leur console de jeux. Il y a aussi de plus en plus d’animations en dehors de Procé. Les  ou le  , la mairie n’en a plus que pour eux. »

Ce qui n’empêche pas Jean-Louis d’offrir (très) régulièrement des tours. « C’est ma personnalité. Et puis ce n’est pas maintenant que je vais faire fortune », répond ce passionné de motos toujours accompagné de son chien.

« Je ne crois pas quelqu’un voudra reprendre la suite »

Agé de 58 ans, il pense à la retraite. Que deviendra le Babibob ? « Je ne sais pas, confie-t-il. Le bob, comme le manège, on a réussi à vivre avec ça. Mais avec ce que je gagne et cet emploi du temps, je ne crois pas que quelqu’un aujourd’hui voudra reprendre la suite. Certes, on a du temps libre dans l’année, mais ça fait 30 ans que je n’ai pas pris de vacances l’été. C’est usant. »

Souvenirs de générations

« Je suis surprise que ça existe encore, raconte Christelle, qui a redécouvert les lieux à l’occasion d’un retour à Nantes. C’est exactement pareil que dans mes souvenirs, à part que ça a vieilli quand même. J’ai passé de super moments ici. » « Ça fait partie du charme de Procé, commente Camille. Je suis heureuse de voir que mon fils prend autant de plaisir que moi. »

« Une piste de bob comme ça, je n’en ai pas vu ailleurs, s’étonne Laurent. Il n’y a pas de musique, pas de lumière, ça paraît un peu démodé. Et pourtant, il n’y a qu’à voir les enfants, ils adorent. Et en plus ça ne coûte pas cher aux parents. »