Vendée Globe: Le départ, l'attente... La course vue par les femmes de marins

VOILE Celles qui partagent la vie de skippers évoquent leur quotidien, à quelques jours du départ...

20 Minutes avec AFP

— 

Samantha Davies et Romain Attanasio
Samantha Davies et Romain Attanasio — GREGORIO CUNHA / AFP

Leurs conjoints sont des « obsessionnels », qui partent seuls et longtemps comme ce sera le cas pour le Vendée Globe dès dimanche, et connaissent « un retour merdique » : être femme de marin n’est pas une sinécure, à les écouter. Mais leur vie, bien évidemment, ne se résume pas à les attendre.

Régine Bornens, compagne durant 30 ans de Michel Desjoyeaux, a vécu trois Vendée Globe. « Mais tu n’attends pas ! Ta vie continue. Comme n’importe quelle femme qui essaie de concilier son boulot et les gamins. Tu ne restes pas à attendre comme une andouille ton mec. Tu sors, tu as des amis, tu vis ta vie. Ta vie n’est pas que ça. Heureusement », raconte cette femme de caractère, qui a grandi en région parisienne.

Le moment du départ

Et le moment du départ est loin d’être un moment de déchirure. « Je vais être heureuse et soulagée, on va avoir un peu de temps pour nous », glisse Samantha Davies, compagne du skipper Romain Attanasio (avec qui elle a un petit garçon de 5 ans), qui a elle-même fait le Vendée Globe en 2012. « Le jour du départ, je veux réussir le métier de maman. Mais je suis aussi la femme de Romain, la technicienne, l’ancienne ».

La Britannique soutient son compagnon, comme lui-même l’avait fait quatre ans plus tôt avec elle. Elle le conseille, prépare son avitaillement et ses vêtements. Sans aucune frustration de ne pas être cette fois à la barre.

>> A lire aussi : Mais pourquoi n'y a-t-il pas une seule femme sur l'édition 2016 du Vendée Globe?

« C’est toujours ça qui prime »

Anne Le Cam a choisi durant plus de vingt ans de vivre la passion de Jean le Cam de l’extérieur. « Quand on est tous les deux, c’est toujours ça qui prime. Il faut le savoir, c’est obsessionnel chez eux. Mais je me suis nourrie autant que lui », dit cette femme qui se ressource dans les balades en forêt avec ses deux chiens.

Mais pour cette nouvelle édition, elle a franchi la ligne. Jean Le Cam a eu toutes les peines du monde à trouver des partenaires. Anne Le Cam, qui tient un restaurant à Port-la-Forêt en Bretagne, a mis la main à la pâte pour que son homme puisse encore partir à l’aventure.

>> A lire aussi : Les sexagénaires vont se faire un joli tour du monde en mer!

« Retour merdique »

C’est le retour qui est sans nul doute ce qui est le plus difficile à gérer. « C’est le plus frustrant pour les femmes : il revient mais il ne rentre pas », relève Anne Le Cam. Pour Régine Bornens, « le retour est merdique ». « Tu as vachement envie de te retrouver et tu te loupes en fait. Le premier jour tu te loupes complètement. Il faut quelques jours ».

Samantha Davies n’a pas oublié ses propres « galères » quand elle est revenue à la maison. « Pour celui qui part, le retour dans la famille est difficile. Tu n’as plus le même statut. On aura pris nos habitudes. Je vais mettre des autocollants partout : fermer les poubelles, payer les factures, etc. Il va voir les consignes partout pour respecter notre mode de vie ! »