Nice-FC Nantes: Mais comment la Ligue 1 a pu louper Lucien Favre pendant toutes ces années?

FOOTBALL Lucien Favre, l'entraîneur de Nice (leader de L1 qui accueille Nantes dimanche), se révèle aux yeux du foot français seulement maintenant...

David Phelippeau, avec François Launay à Lille

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L'entraîneur niçois Lucien Favre
L'entraîneur niçois Lucien Favre — AFP

Ce n’est pas le club français le plus populaire. Ce n’est pas le plus riche non plus. C’est pourtant Nice - leader de L1 qui accueillera le FC Nantes dimanche - qui a réalisé (peut-être) un des plus gros coups du dernier mercato. Non, on ne parle pas de Balotelli, mais de son entraîneur Lucien Favre, technicien suisse de 58 ans.

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Avant le club azuréen, certaines formations françaises avaient essayé d’attirer Favre dans leurs filets. En vain. Il faut dire que l’entraîneur niçois possède quelques références sur son CV : deux fois élu meilleur entraîneur en Suisse (2006 et 2007), puis à trois reprises meilleur coach de Bundesliga (2009, 2011 et 2015), devant des pointures du métier comme Jupp Heynckes, Jürgen Klopp et Pep Guardiola.

« Ce n’était souvent pas le bon timing pour lui… »

On lui prête une volonté quasi-permanente de pratiquer un jeu offensif, dynamique, rapide, souvent basé sur une grosse prise de risques. Son appétence pour la formation fait aussi figure d’atout.

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Alors, pourquoi ce technicien - sur lequel les éloges pleuvent depuis le début de la saison - pose seulement aujourd’hui ses valises en France ? « Le championnat de France s’intéresse à lui depuis longtemps, répond Christophe Payot, agent de Lucien Favre. Il y a eu des vraies discussions, mais, ce n’était souvent pas le bon timing pour lui… »

Baup plutôt que lui à Marseille en 2012

A plusieurs reprises durant ces dernières années, Marseille lui a fait les yeux doux. En 2012, il est très proche de venir, mais c’est finalement Baup (un de ses amis) qui débarque. Favre était alors sur le banc du Borussia Mönchengladbach. Il prolongera même de deux ans cet été-là. « L’OM n’était pas le bon moment pour lui, se souvient Payot. Et sans manquer de respect à la Ligue 1, la Bundesliga est un championnat très attractif. »

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Un an plus tard, en 2013, Lille songe à lui pour la succession de Rudi Garcia. « Favre était le choix numéro 1 de Michel Seydoux, se souvient Jean-Michel Vandamme, conseiller du président lillois à l’époque, désormais directeur général adjoint. Mais Frédéric Paquet, alors DG adjoint du club, nous a mis le doute car il fallait attendre un peu pour faire signer Favre, qui était encore sous contrat avec Mönchengladbach. Si on avait eu l’assurance totale de pouvoir le prendre, on l’aurait pris. »

Girard plutôt que Favre à Lille en 2013

C’est finalement René Girard, actuel coach du FCN, qui a été choisi. « Favre, que je suivais depuis deux ans en Allemagne, était pour moi le plus proche du projet Puel (entraîneur du Losc de 2002 à 2008), c’est-à-dire le projet de développer les jeunes tout en ayant l’expérience et la capacité de gérer des joueurs expérimentés, poursuit Vandamme. On l’avait rencontré à trois reprises et il était très intéressé. Il voulait venir. Ça reste un regret. J’aurais aimé savoir ce qu’un entraîneur de ce niveau aurait pu faire avec Lille. »

Lyon, trop tôt pour Favre

Décembre 2015, c’est au tour deLyon - qui vient de virer Fournier - de tenter Favre. « Il n’était plus sous contrat avec Mönchengladbach depuis quelques semaines, explique son agent Payot. Il avait décidé de prendre une pause et de se ressourcer. C’était trop tôt pour lui. » Génésio passera numéro 1 à l’OL.

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Et Nantes ? « Il n’y a jamais eu de contact à travers moi, précise Payot. Peut-être que Lucien a eu directement le président Kita, mais il ne m’a jamais parlé de ça. » Kita a connu Favre en Suisse. Le premier était président de Lausanne alors que le second entraînait le Servette de Genève. En mai dernier, dans Ouest-France, Kita, avant qu’il n’officialise Girard, avait lâché : « Favre, ça ne marchera pas ici… »

Le bon timing de Nice

Au final, c’est Nice qui a attiré à l’été 2016 le technicien suisse. « Il voulait au moins une fois dans sa carrière entraîner en France, explique son agent. Et surtout coacher dans sa langue pour être efficace et bien transmettre ses messages. Il a senti une énorme envie des dirigeants niçois de le faire venir. Nice est surtout venu très tôt. » Le timing était parfait. Tout ce qu’il a manqué finalement aux autres formations de L1 durant toutes ces années.

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