Nantes: Les policiers municipaux demandent à être armés, assure le syndicat FO

SECURITE La maire de Nantes, Johanna Rolland, s’est plusieurs fois prononcée contre la mesure…

Julie Urbach

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Illustration police municipale. Entrainement au tir des policiers municipaux
Illustration police municipale. Entrainement au tir des policiers municipaux — A. GELEBART / 20 MINUTES

« Les collègues se sentent en danger quand ils sont sur le terrain. Ils ne savent pas s’ils rentreront le soir à la maison. » Alors que plusieurs grandes villes comme Lyon ou Marseille ont récemment fait le choix d’armer leur police municipale, le syndicat FO (majoritaire) a appelé ce lundi la maire de Nantes, opposée à la mesure, à changer son fusil d’épaule sur la question.

« Depuis les attentats, l’insécurité progresse à grands pas, assure Laurent Desgens, secrétaire général de la section locale. Et nos missions ne se résument plus à verbaliser les véhicules : nous intervenons aussi sur les rixes en ville, les contrôles routiers, ou les tapages qui peuvent être des missions excessivement dangereuses. » A tel point que 92 % des 85 policiers municipaux nantais désireraient être porteurs d’une arme à feu, selon un sondage effectué la semaine dernière par le syndicat.

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« Avoir les moyens de défendre les Nantais »

Alors qu’une fusillade a éclaté pas plus tard que dimanche soir quartier Malakoff, les policiers réclament un équipement à la hauteur de celui des agents de la police nationale. Car les premiers ne sont pour le moment munis que d’un gilet pare-balles et d’un tonfa.

« Quand il se passe quelque chose, nous sommes souvent les primo-intervenants, juge Patrick Lefevre, secrétaire général de FO-Police municipale. Nous devons pouvoir riposter en cas d’attaque, nous défendre, et avoir les moyens de défendre les Nantais. »

La maire de Nantes défavorable

Sollicitée à plusieurs reprises, également par l’opposition municipale qui demande un débat sur le sujet, Johanna Rolland, la maire de Nantes, s’est toujours montrée défavorable au port d’armes à feu pour ces agents, aimant à rappeler que les deux polices ont des missions différentes. Interrogé sur la question, Gilles Nicolas, l’adjoint à la sécurité, avait quant à lui indiqué que leur protection serait renforcée, avec des « gilets pare-balles plus performants ». « Il est aussi question de nous équiper d’une matraque télescopique, commente Laurent Desgens. Ce n’est pas avec ça qu’on arrêtera une balle. »

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En Loire-Atlantique, une dizaine de communes auraient déjà sauté le pas, dont Carquefou, La Chapelle sur Erdre, Orvault, Sautron et Sainte-Luce, dans l’agglomération. L’an passé, le gouvernement a mis à disposition des collectivités plus de 4.000 revolvers pour les policiers municipaux, un stock qui serait déjà entièrement attribué ou réservé. Quelque 12.000 agents, sur environ 20.000, seraient actuellement équipés d’armes à feu.