Nantes: Les galeries marchandes vont-elles passer en force et ouvrir le dimanche?

ECONOMIE Les maires de l'agglomération nantaise souhaitent que seuls les magasins des centres-villes puissent ouvrir deux dimanches avant Noël...

Frédéric Brenon

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Le centre commercial Beaulieu, sur l'île de Nantes.
Le centre commercial Beaulieu, sur l'île de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Les maires des 24 communes de Nantes métropole ont adopté un vœu ce lundi, à une large majorité, disant qu’ils autorisent l’ouverture des commerces deux dimanches avant Noël, les 11 et 18 décembre, uniquement l’après-midi et dans les centres-villes et centres-bourgs. Il s’agit du même dispositif que celui appliqué ces deux dernières années sur la base d’un accord avec les partenaires sociaux.

Reste que certaines galeries marchandes de périphérie n’apprécient plus d’être exclues du périmètre et menacent d’ouvrir malgré tout. Le directeur du centre commercial Beaulieu (120 boutiques) ne s’en cache pas. « Oui, nous souhaitons ouvrir ces deux dimanches. Nous le pouvons car l’arrêté municipal ne fixe pas de périmètre et le vœu métropolitain est un vœu. La réflexion se poursuit », rapporte Alexandre Morisseau.

Deux dimanches contre cinq ailleurs

Le directeur explique. « Nous souhaitons que les choses évoluent comme dans les autres villes où l’ouverture concerne tout le monde non pas deux dimanches après-midi mais cinq dimanches dans l’année. Nantes est une ville qui a un rayonnement régional, elle devrait avoir la même stratégie que ses voisines. L’essor d’Internet, où l’on peut consommer 24h/24, doit nous pousser à évoluer. Et nous sommes impactés autant que le centre-ville. Il est difficile d’expliquer à certaines enseignes qu’à un kilomètre près elles n’ont pas le droit d’ouvrir. » Le Medef 44 soutient le même discours.

« Plutôt tout le monde que personne »

Interrogée sur un éventuel coup de force de galeries marchandes, la présidente de Nantes métropole, Johanna Rolland, déclare qu’elle « n’imagine pas ce scénario ». « Dans le contexte difficile qu’à connu le centre-ville avant l’été, soutenir son activité commerciale est une responsabilité collective. Toute autre position contribuerait à fragiliser le commerce de centre-ville. »

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Quant à l’association des commerçants Plein centre, elle regarde cette perspective avec méfiance. « Ce que je ne veux surtout pas, c’est qu’on remette en cause l’ouverture le dimanche, réagit Nathalie Deniau-Millon, présidente de Plein centre. C’est un acquis inscrit dans la tête des gens maintenant. On préfère donc que tout le monde soit ouvert plutôt que personne. »

Les discussions s’annoncent également mouvementées en vue de 2017 puisque le 24 et le 31 tomberont cette fois-ci un dimanche.