Submergé par les fans, le Hellfest serait-il devenu trop petit?

MUSIQUE Le festival de musiques extrêmes affiche complet en un temps record, sans avoir dévoilé sa programmation...

Frédéric Brenon

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Foule déchaînée sur l'une des scènes principales du Hellfest.
Foule déchaînée sur l'une des scènes principales du Hellfest. — JS Evrard/AFP

Un succès unique en Europe pour un festival de cette taille. Le Hellfest, le rendez-vous des musiques extrêmes dont la 12e édition se déroulera du 16 au 18 juin à Clisson (Loire-Atlantique), a annoncé vendredi qu’il affichait complet. Une semaine après l’ouverture de sa billetterie ! Comme l’an passé (mais avec trois jours d’avance), les 54.000 pass ont trouvé preneurs alors même qu’aucun élément de la programmation n’a été dévoilé.

« C’est grandiose, reconnaît Alexxx, porte-parole de l’organisation du festival. C’est une marque de confiance énorme. On est le représentant d’une musique de niche, donc on hallucine. Il y avait l’an passé près de 70 nationalités dans le public. A nous maintenant d’être digne de tout ce soutien. »

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L’engouement est tel que le Hellfest génère en retour la frustration de nombreux fans, trop lents ou pas assez fortunés pour se décider huit mois à l’avance. Avec le risque, au fil des ans, de paraître de moins en moins accessible. Doit-il désormais viser encore plus grand ? Impossible sur le site actuel, répondent les organisateurs.

La qualité d’accueil érigée comme priorité

« Nous sommes désolés pour les nombreux déçus mais nous ne pouvons pas accueillir plus de monde, justifie Alexxx. Nous sommes entourés de vignes, d’espaces boisés, d’habitations, nous ne pouvons pas nous étendre indéfiniment. Nous allons certes encore un peu nous agrandir en 2017, mais la priorité est d’augmenter la qualité d’accueil des spectateurs, pas d’exploser la jauge. »

Le Hellfest 2016 à Clisson (Loire-Atlantique).
Le Hellfest 2016 à Clisson (Loire-Atlantique). - JS Evrard/AFP

Des critiques sur la trop forte densité humaine par endroits, en particulier devant les scènes principales, ont en effet été exprimées par les fans ces dernières années.

« Un groupe comme Rammstein, tout le monde veut le voir. Alors, forcément, les gens sont serrés. Nous cherchons des solutions pour y remédier dès la prochaine édition. Pour nous, le décorum, l’ambiance, le confort sont hyper importants. Il y a d’autres festivals qui font du monde mais qui n’apportent pas la même expérience. Le Hellfest est une grosse machine mais nous restons extrêmement attentifs au retour des fans. »

Les « curieux » et les « touristes » sont aussi les bienvenus

Quant aux métalleux qui enragent de se voir coiffer des places par des spectateurs non puristes, Ben Barbaud, l’emblématique cofondateur du festival, leur a répondu en début de mois, sans ambiguïté.

« Ceux que certains appellent les "touristes" ou les "curieux" ont également le droit de s’ouvrir à ces musiques et de les apprécier petit à petit. Nous devrions en être ravis et même en être fiers car nous avons tous eu à un moment de notre vie la chance de pouvoir accéder à ces cultures. Alors pourquoi tant de véhémence ? La vie est trop courte pour se prendre la tête à savoir si un mec habillé en "Pikachu" mérite de venir au festival ! Le rock’n’roll n’est pas et n’a jamais été réservé à une élite, c’est une putain de musique populaire ! »