Nantes: Mais au fait, qui étaient les «50 otages» du cours du même nom?

HISTOIRE Une exposition commémore, pendant quelques jours, le 76e anniversaire de l’exécution de 48 otages, fusillés par les Nazis…

Julie Urbach

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Les portraits sont affichés le long du cours des 50-Otages
Les portraits sont affichés le long du cours des 50-Otages — J. Urbach/ 20 Minutes

C’est l’une des artères principales du centre-ville de Nantes, longue de 800 mètres, où passent la ligne 2 du tram et quasiment toutes les manifs. Vous l’empruntez aussi probablement très souvent… Mais connaissez-vous l’origine du nom du cours des 50-Otages ?

Comme l'an dernier, et jusqu'à lundi, une exposition en plein air vient raconter ou rappeler aux Nantais une page sombre de l’histoire de la ville. Sur des bâches de 2 mètres de haut, une artiste a réalisé 48 portraits en noir et blanc, sur la base de vieilles photos. Ils rendent hommage à ces dizaines d’hommes fusillés pendant la seconde guerre mondiale à Nantes (quartier de la Halvêque), Châteaubriant et à Paris (fort du Mont-Valérien). C’était précisément le 22 octobre 1941.

Le nombre de 50 reste dans les mémoires

En représailles de l’assassinat du lieutenant-colonel Hotz (qui a eu lieu rue du Roi-Albert), alors responsable des troupes d’occupation en Loire-Inférieure, les autorités nazies ordonnent l’exécution de 50 prisonniers. C’est finalement une liste de 48 noms qui est établie, mais le premier nombre restera dans les mémoires. « Il s’agissait de militants politiques, syndicaux, d’anciens combattants…, détaille Gildas Salaün, conseiller municipal en charge du patrimoine immatériel. C’étaient des hommes de tous âges dont il convient de saluer le courage. » Le plus célèbre d’entre eux, le militant communiste Guy Môquet perd la vie à Châteaubriant comme 26 autres résistants internés au camp de Choisel. Il est alors âgé de 17 ans.

Les portraits des 48 otages
Les portraits des 48 otages - Chantal Trubert/DR

En leur mémoire, le général de Gaulle (qui a sa statue au bout du cours) fait de Nantes la première ville « Compagnon de la Libération ». Le conseil municipal décidera trois ans plus tard de renommer le « cours de l’Erdre » en « cours des 50-Otages ». L’obélisque, face à la préfecture, sera inauguré en 1952. Et soixante-seize ans après leur mort, les Nantais peuvent de nouveau découvrir des visages. « C’est vrai que ça permet de mieux se rendre compte, juge Marie, 14 ans. Je connaissais un peu cet épisode car on l’a étudié en cours d’histoire, l’année dernière. Mais c’est beaucoup plus parlant de tous les voir comme ça, devant nous. »

Une cérémonie est organisée samedi à 10h place du Pont-Morand, en présence de la maire de Nantes.