Fête de la Science: Une chercheuse nantaise veut aider les bébés prématurés à mieux grandir

SANTE Aurélie Bourdon, 33 ans, reçoit ce mercredi une bourse pour ses travaux de recherche...

Julie Urbach

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Aurélie Bourdon
Aurélie Bourdon — Fondation L Oréal

Elle dit avoir adoré « les sciences en général » dès son enfance, en jouant à Docteur Maboul. Plus de 20 ans plus tard, Aurélie Bourdon s’apprête à soutenir sa thèse. Cette jeune chercheuse en nutrition à l’université de Nantes fait aussi partie des 30 femmes primées par L’Oréal et l’Unesco à l’occasion de la Fête de la science.

La Nantaise (qui est en fait une Bretonne) de 33 ans reçoit ce mercredi à Paris une bourse de 15.000 euros pour son travail qui pourrait améliorer la croissance des bébés fragiles.

Une molécule pour grandir

Chaque année, plus de 20 millions d’enfants dans le monde (environ 8 % en France) naissent de manière prématurée sans peser bien lourd (moins de 2,5 kg). « Dès que le placenta ne nourrit plus le bébé, il n’y a pas de solution autre que de le faire naître et de le mettre en couveuse, avec un risque de complications, parfois mortelles, explique la chercheuse. Mon travail essaye de savoir si une molécule, la citrulline, pourrait les aider à mieux grandir. »

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Produite par l’intestin et également présente dans la pastèque, cette molécule est pour le moment bien connue de certains sportifs qui veulent gagner en muscle. Et la nutrition du nouveau-né a des conséquences à long terme. « Les fœtus qui grandissent mal ont plus de risques d’avoir des maladies à l’âge adulte comme le diabète, l’obésité ou des problèmes cardiovasculaires », détaille Aurélie.

Beaucoup de filles doutent

Encore au stade de recherche pré-clinique, il faudra plusieurs années pour que le travail d’Aurélie aboutisse à des avancées concrètes, avec de nouvelles formules de lait enrichies en citrulline par exemple. En attendant, elle souhaite faire avancer une autre cause, celle de la place des femmes dans un monde scientifique très masculin.

« J’aime tenter les choses qu’on décrit comme impossibles, confie celle qui se bat contre des problèmes de santé. Mais beaucoup de filles doutent encore énormément d’elles-mêmes. » La jeune femme est attendue prochainement dans les lycées de l’agglo nantaise pour, peut-être, susciter des vocations.