FC Nantes: L'ancien Canari «Pitch» a finalement fait pschitt

FOOTBALL Florent Pasquier, espoir du centre de formation du FCN de 2007 à 2011, a qualifié, dimanche, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (DSR) en Coupe de France…

David Phelippeau
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Florent Pasquier sous le maillot jaune de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.
Florent Pasquier sous le maillot jaune de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. — Pascal Nepveu

Dimanche, stade de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, il reste une poignée de minutes à jouer dans cette rencontre du 5e tour de Coupe de France entre ce club de DSR et Mûrs-Erigné. Florent Pasquier (24 ans), enfant du pays tout juste entré en jeu, enroule parfaitement un coup franc dans la cage adverse.

« Pitch » (en rapport à la brioche Pasquier), comme tout le monde le surnomme, vient de qualifier son club pour le 6e tour de la Coupe de France. Un « petit » moment de gloire pour un joueur qui a rêvé pendant de nombreuses années d’un avenir de footballeur glorieux.

A l’âge de 15 ans, le FC Nantes repère Pasquier à Saint-Philbert. A la Jonelière, il y restera quatre ans de 2007 à 2011 et y côtoie les Sasso, Négo, Trebel, Veretout, Hanni, etc. A 16 ans, il est surclassé et évolue avec les 18 ans nationaux de Stéphane Moreau. Il s’entraîne même avec la CFA 2 de Laurent Guyot. En 2009, avec les U 19, il perd en finale de Gambardella contre Montpellier. « Pitch, Pitch, Pitch… » entonnent de nombreux supporters nantais, qui boudent les pros et suivent partout les U19. « Les années Moreau et Guyot sont mes meilleurs souvenirs, explique Florent. Ils avaient des qualités humaines dans lesquelles je me retrouvais. »

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Une blessure et une embrouille avec le FCN

Le 11 septembre 2010 - « je me souviens de la date » -, Pasquier est fauché dans son élan par « les deux pieds décollés d’un gardien de but ». Rupture des ligaments croisés du genou. Le début d’une très longue traversée du désert pour l’attaquant. Le début aussi, selon lui, d’un embrouillamini avec le FCN. Pasquier reproche à Nantes d’avoir essayé de « rompre son contrat unilatéralement » en 2011.

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« J’en veux à Fenillat [directeur du centre de formation]. Je ne comprends pas le traitement que j’ai eu. J’avais refusé Lorient quelques mois avant car je voulais tellement percer à Nantes. » Samuel Fenillat explique de son côté qu’il était dans son droit car Pasquier était sous convention de formation, une situation « contractuelle » qui permet à chaque partie de rompre quand elle le souhaite. « Beaucoup de gamins nous en veulent car on leur a cassé quelque chose », estime le directeur du centre de formation. Eté 2011, Pasquier se sent donc non désiré. « On m’avait fait comprendre que j’irais dans un placard si je restais… Nantes a gagné, je suis parti. »

Vannes, Vertou…

Direction Vannes en National. Pasquier, qui évolue avec la réserve (CFA 2), y reste six mois. En janvier 2012, il rallie Vertou (CFA 2). « Ça devait être une étape pour moi ! » Loupé. Pour diverses raisons, il échoue. Eté 2013, le Tours FC le repère quand même. « Les discussions étaient très bien avancées », mais il suspecte le FCN de ne pas « avoir fait une bonne pub » sur lui. Finalement, à 21 ans, il boucle la boucle en s’engageant avec Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (DRH puis DSR). « Je suis revenu où tout a commencé pour moi. Je suis reparti au niveau zéro, au niveau de l’école. » Actuellement, il attend d’ailleurs de savoir s’il va obtenir sa licence de responsable de développement commercial.

Le poids des regrets

Le foot ? « Il faut que je me remette en conditions, avoue-t-il lucide. J’ai tendance à prendre du poids. Ma morphologie veut ça. J’ai déjà perdu 5 ou 6 kg depuis la reprise, mais j’en ai encore à perdre. » Et quand on lui dit qu’avec son gabarit un poil enrobé, il va nécessairement moins vite qu’avant, Florent répond : « La vitesse n’est pas perdue, elle est enfouie sous mes quelques kilos en trop ! »

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Nostalgique, il poursuit : « J’ai vécu des bons moments dans le foot, je peux en vivre encore d’autres. Après, c’est vrai quand je vois certains de mes anciens coéquipiers du FCN à la télé, je me dis : "Pourquoi, eux, ont-ils réussi, et pas moi ? Et si je n’avais pas eu cette blessure ? Pourquoi tout s’est arrêté pour moi d’un coup ?" » Les éternelles interrogations des recalés du monde pro.