Saint-Nazaire: STX mis en vente, les chantiers navals seront-ils rachetés séparément?

INDUSTRIE STX a été mis en vente ce mercredi avec possibilité d'acheter les chantiers navals de Saint-Nazaire avec le reste du groupe, ou séparemment...

J.U. avec AFP

— 

Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire
Les chantiers navals STX de Saint-Nazaire — L. Venance / AFP

Les chantiers navals de Saint-Nazaire seront-ils sauvés ou rachetés par des investisseurs chinois? L'avenir se précise (un peu) alors que STX a été mis en vente ce mercredi, avec possibilité d'acheter les chantiers navals de Saint-Nazaire séparemment...

Alors que Libération  a avancé il y a quelques jours que l’Etat (qui détient actuellement 33 % du capital) pourrait devenir l’actionnaire majoritaire de STX France, le gouvernement avait ensuite répété qu’il souhaitait plutôt « peser dans le choix du repreneur ». Ce qu’il faut savoir sur le dossier de la vente des chantiers nazairiens.

Pourquoi cette vente ?

Le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, menacé de liquidation car lourdement endetté, souhaite vendre les chantiers navals d’ici la fin de l’année. « Il est regrettable que nous ayons décidé de nous séparer de STX France (…) mais c’était nécessaire car nous avons un besoin urgent de liquidités », avait déclaré un porte-parole en septembre.

La justice coréenne, qui penchait pour une vente de l’ensemble du groupe (soit l’équivalent de 6,8 milliards d’euros à débourser pour le futur acquéreur) a finalement aussi ouvert l'option d'une vente séparée, ce mercredi. Les jeux sont donc ouverts.

« Dans l’hypothèse d’une vente groupée, on risque de voir débarquer des Chinois aux poches profondes qui peuvent viser un transfert de techno. Ce n’est pas une option pour le gouvernement français », expliquait à Libé une source proche du dossier à Bercy.

Que compte faire l’Etat pour sauver STX France ?

« Le gouvernement a initié des discussions avec plusieurs repreneurs industriels intéressés, dans le but d’anticiper les décisions qui seront prises par le tribunal de commerce de Séoul et le groupe STX au terme du processus de vente », assure le ministère. Le président de la région Pays de la Loire Bruno Retailleau (LR) s’est récemment dit prêt à rentrer au futur tour de table financier et donc entrer au capital de STX.

Libération parlait de deux solutions : une franco-française avec la constitution d’un « Airbus européen de la construction navale », où DCNS interviendrait, et une option européenne, où l’italien Fincantieri pourrait être associé. 

Quels sont les autres scénarios ?

Trois candidatures étaient jusque-là évoquées pour reprendre STX France, avant que la facture ne gonfle avec l’hypothèse de la vente groupée. Celle qui semblait privilégiée est menée par le chantier naval néerlandais Damen, peu spécialisé dans les paquebots de croisière. A contrario du second candidat, l’Italien Fincantieri. Le chinois Genting Hong Kon aurait lui aussi approché STX.

>> A lire aussi : Le « MSC Meraviglia», plus gros paquebot d'Europe, a été mis à l'eau

Pourquoi cette vente est-elle risquée ?

Plusieurs élus locaux et syndicats se sont montrés réticents à l’option Fincantieri, un chantier naval concurrent, et son alliance avec un groupe chinois. Un scénario qui ferait craindre un transfert de savoirs et de la délocalisation.

Le gouvernement peut de toute façon user d’un droit de veto. Et de préciser : « Selon l’identité de l’acquéreur, l’Etat pourra mobiliser la réglementation des investissements étrangers en France (dispositif Montebourg), qui lui donne des moyens importants pour s’opposer à une prise de contrôle des chantiers de Saint-Nazaire qui ne serait pas conforme aux intérêts nationaux. ».

Que représentent des chantiers navals ?

Après des hauts et des bas, le chantier naval de Saint-Nazaire, qui emploie 2.600 personnes (plus de 5.000 avec les sous-traitans, dont près de 30% d'étrangers), affiche un carnet de commandes impressionnant, avec quatorze paquebots de croisière à construire pour ses deux principaux clients, l’italo-suisse MSC Croisières et l’américain Royal Caribbean.