Saint-Brévin: Cinq questions autour de l’accueil des migrants (et des tensions)

«JUNGLE» DE CALAIS La station balnéaire doit prochainement accueillir 50 migrants de Calais...

Julie Urbach

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La "jungle" de Calais Photo by Irina Kalashnikova//KALASHNIKOVA_
La "jungle" de Calais Photo by Irina Kalashnikova//KALASHNIKOVA_ — SIPA

Depuis plusieurs jours, la tension monte à Saint-Brévin-les-Pins, en Loire-Atlantique, au sujet de l’accueil prochain de migrants en provenance de Calais. Après qu’une manifestation a opposé 200 opposants et partisans au projet, fin septembre, des coups de feu ont été tirés mardi soir dans cette station balnéaire de 13.000 âmes, sur le bâtiment qui doit les héberger. Le point sur la situation.

De quoi parle-t-on exactement ?

Avec le prochain démantèlement de la jungle de Calais, le ministère de l’Intérieur estime à 12.000 le nombre de places d’hébergement nécessaires en France. EDF, qui dispose d’un centre de vacances à Saint-Brévin, va en rendre disponibles. S’il a d’abord été question de 70 personnes, ce seront finalement 50 migrants, dont des familles, qui seront hébergés, a indiqué le préfet Henri-Michel Comet ce vendredi. Elles viennent de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou d’Erythrée et devraient rester seulement « quelques mois ». Car le bâtiment doit recevoir du personnel EDF pendant les vacances d’été.

Est-ce la première fois que la Loire-Atlantique accueille des migrants de Calais ?

Non. Déjà quatre lieux de ce type, appelés centres d’accueil et d’orientation (CAO), ont ouvert en toute discrétion et « sans heurts » dans le département depuis un an. 129 migrants y ont été reçus (dont 55 actuellement) à Gétigné, Saint-Herblain et Vertou. A chaque fois, une association accompagne ces personnes qui n’ont pu rejoindre l’Angleterre dans leur quotidien et dans la redéfinition de leur projet. 80 % d’entre eux effectuent une demande d’asile pour rester en France. Une centaine de migrants venant de hotspots grecs ou italiens sont aussi arrivés en Loire-Atlantique.

>> A lire aussi : Comment sont reçus les premiers demandeurs d’asile, arrivés à Nantes

Pourquoi des tensions cette fois ?

Même si le maire assure qu’il s’agit davantage d’un besoin d’information que de réelles tensions, le collectif des Brévinois opposés à l’implantation de migrants dit avoir recueilli quelque 600 signatures contre le projet. « Nous dénonçons le fait que ni la mairie, ni les habitants n’ont été consultés, s’insurge Maxime Boulanger, porte-parole. Nous ne voulons pas de ce ghetto et de ces populations potentiellement dangereuses. » Alors qu’aucune réunion publique n’a été organisée, le collectif va convoquer la sienne ce samedi soir. Quant aux coups de feu, l’enquête de gendarmerie continue.

Qu’en pensent les élus ?

Le maire (DVD) Yannick Haury avait lui aussi fait part de ses craintes et regretté le fait « d’avoir été mis devant le fait accompli ». Aujourd’hui, il assure que « les détails de prise en charge sont réglés, pour que tout se passe pour le mieux » (avec notamment un nombre de migrants revu à la baisse). L’élu reste cependant convaincu que la station balnéaire « n’est pas le lieu idéal », notamment en raison de son éloignement avec Nantes, où les démarches vont s’effectuer en préfecture. « Que deviendront ceux qui ne feront pas de demande d’asile ? », s’inquiète toujours Yannick Haury.

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Le projet va donc aboutir ?

Préfet et maire ont appelé à l’apaisement et répété que le projet verra bien le jour, sans donner la date précise d’arrivée des migrants, ni celle de leur départ. Ils ont annoncé des moyens importants en matière de sécurité, avec un gardiennage du site de nuit et la mobilisation des gendarmes. D’autres projets de CAO sont en cours dans le département, a indiqué le préfet.