Aéroport de Notre-Dame-des-Landes: Le démarrage des travaux est-il imminent?

PROJET Le gouvernement avait annoncé un coup d'envoi des travaux de l’aéroport « à l’automne ». Nous y sommes…

Frédéric Brenon

— 

La première tentative d'expulsion de la ZAD avait eu lieu à l'automne 2012.
La première tentative d'expulsion de la ZAD avait eu lieu à l'automne 2012. — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Le Premier ministre Manuel Valls l’a répété à plusieurs reprises depuis la victoire du « oui » lors de la consultation organisée le 26 juin en Loire-Atlantique : les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes débuteront « à l’automne ». La gendarmerie se tient prête depuis plusieurs semaines afin de sécuriser le chantier et expulser les occupants de la ZAD. L’intervention est-elle pour autant imminente ?

Difficile à dire tant le silence est de mise du côté de l’Etat. « On a très peu d’information, regrette un membre du PS. Répondre à cette question, c’est comme savoir lire dans une boule de cristal. » Pour la plupart des spécialistes du dossier, il ne devrait toutefois rien se passer ce mois-ci en raison du démantèlement annoncé de la « Jungle » de Calais qui mobilisera d’importants moyens policiers.

« On est proche d’un dénouement »

Les mois suivants alors ? « Ça peut être novembre. Je pense qu’Hollande est désormais décidé à intervenir. C’est l’option principale depuis le résultat du référendum », confie un élu socialiste expérimenté. Le président de la région Pays de la Loire a le même sentiment. « Les préparatifs en cours ne me donnent aucune raison de douter de la détermination du Président et du Premier ministre », commente Bruno Retailleau (LR). « D’après ce que j’ai compris, on est proche d’un dénouement. Je le pense sincèrement », confirme Alain Mustière, président de l’association pro-aéroport Des Ailes pour l’ouest.

« Politiquement ce n’est pas le bon moment »

Tous ne sont pas de cet avis. Pour cet autre élu socialiste, « il suffit d’un nouvel attentat pour convaincre Hollande de repousser le projet après les présidentielles, ce qui l’arrangerait bien ». « Rien n’est sûr, est convaincue Pascale Chiron, adjointe (EELV) au maire de Nantes. Je pense qu’ils sont en train de se rendre compte que politiquement ce n’est pas le bon moment. J’espère aussi qu’ils ont pris conscience de la mobilisation qu’il y a en face. »

>> A lire aussi : Notre-Dame-des-Landes: Des formations sur la ZAD pour être prêts en cas d'évacuation

« Franchement, tout est possible »

« La Commission européenne a dit à la France de ne pas commencer les travaux tant que l’infraction sur l’absence d’évaluation environnementale n’est pas soldée [ce sera le cas fin 2016 avec la révision du schéma de cohérence territorial (SCOT) Nantes Saint-Nazaire], rappelle Françoise Verchère, coprésidente du collectif des élus opposés à l’aéroport (CéDpa). Il faut aussi prendre en compte les éléments extérieurs, voir comment ça va se passer avec Calais. Si on était dans un monde rationnel, le gouvernement n’irait pas se lancer dans un dossier aussi casse-gueule alors qu’il y a d’autres problèmes à gérer. Mais nous sommes gouvernés par des nuls. Alors, franchement, tout est possible. »


Grand rassemblement des opposants samedi

La coordination des opposants au projet d’aéroport appelle à se rassembler à Notre-Dame-des-Landes samedi, à partir de 10h, afin d’exprimer une «volonté commune d’empêcher toute agression contre la ZAD et tout démarrage des travaux». Les opposants annoncent notamment qu'ils feront résonner le sol de millier de bâtons «en écho à bien d'autres luttes paysannes, comme au Larzac».