Nantes: Scopéli, le supermarché bio où il faudra travailler pour être client

ECONOMIE Un projet de supermarché coopératif et participatif bio, aux tarifs réduits, est porté par Scopéli. Objectif: ouverture fin 2017...

Frédéric Brenon

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Rayon produits frais et laitiers et légumes dans un supermarché biologique (illustration)
Rayon produits frais et laitiers et légumes dans un supermarché biologique (illustration) — Alexandre GELEBART/REA

Un supermarché proposant des produits bio à des tarifs exceptionnellement bas, tout en garantissant un juste prix au producteur, c’est possible ? Oui, le supermarché Park Slope Food Coop à New York en fait la démonstration depuis 40 ans.

Mais il y a un truc : les clients sont aussi les copropriétaires du magasin, ils ne se versent pas de dividendes et, surtout, ils participent physiquement à son fonctionnement afin de réduire fortement les charges de personnel.

C’est ce modèle original que veut reproduire la coopérative Scopéli dans la métropole nantaise. Son supermarché, dont l’ouverture est espérée fin 2017, proposera entre 5.000 et 8.000 références en alimentaire, cosmétique, entretien et consommables. Du  bio pour l’essentiel, vendu « de 15 % à 40 % moins cher qu’une enseigne spécialisée ». Du local, dès que possible.

Trois heures de travail bénévole par mois

Pour être autorisé à y faire ses courses, il faudra être coopérateur, donc copropriétaire. On le devient en achetant une part sociale (de 10 euros à 50 euros selon la situation professionnelle) et en s’engageant à travailler bénévolement trois heures par mois.

« Cela peut être de la mise en rayon, tenir la caisse, faire de la comptabilité, passer des commandes, effectuer une livraison… Il y aura des petites formations. Aucune compétence n’est exigée », explique Gilles Caillaud, coordinateur de Scopéli. Six à sept salariés seront recrutés pour encadrer ces employés pas comme les autres, lesquels seront jusqu’à 70 par jour au magasin.

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Au minimum 2.000 adhérents pour se lancer

« Pour que le projet soit viable, il nous faut au minimum 2.000 coopérateurs. En dessous, on risque de manquer de clients ou de bras pour faire tourner le magasin. A ce jour, nous avons réuni 300 familles, soit 600 adhérents prêts à s’investir. Il y a cinq mois, nous n’étions que trois. Le bouche-à-oreille marche énormément. On atteindra l’objectif d’ici le printemps, je n’en doute pas. »

Des contrats longue durée seraient signés avec les maraîchers et producteurs, « afin de leur donner de la visibilité ». Les discussions sont déjà engagées avec les fournisseurs, forcément « très intéressés ».

Quant au site d’implantation, Scopéli recherche un terrain d’un hectare dans l’agglomération nantaise, plutôt au sud-Loire (Rezé, Bouguenais) afin d’être proche du futur Marché d’intérêt national (MIN) et des transports en commun. Environ 2000 m2 de bâtiments sont envisagés pour un investissement de 1,5 million d'euros.

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« Peut-être au début d’une mini révolution »

« On veut redonner du pouvoir d’achat aux consommateurs, leur permettre d’accéder à une nourriture saine, respectueuse des producteurs, tout en créant un lieu de mixité sociale, résume Gilles Caillaud. Nous sommes convaincus que le supermarché participatif et collaboratif est une alternative d’avenir. On est peut-être au début d’une mini-révolution. »

En parallèle de Scopéli, La Louve devrait être le premier supermarché coopératif et participatif de France à ouvrir ses portes ces prochaines semaines à Paris. Des projets similaires mûrissent également à Bordeaux (Supercoop), Toulouse (La Chouette), ou Lille (Superquinquin).