Saint-Nazaire: Malgré les commandes, la navale peine à recruter

INDUSTRIE STX et ses sous-traitants ont de grosses difficultés à trouver de la main d'œuvre qualifiée pour répondre à leurs besoins...

20 Minutes avec AFP

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Des ouvriers des chantiers navals STX de Saint-Nazaire.
Des ouvriers des chantiers navals STX de Saint-Nazaire. — JS Evrard/AFP

Avec un carnet de commandes plein pour les deux prochaines années (14 paquebots de croisière à construire d’ici à 2026), le chantier naval STX a des besoins de recrutement assez importants et va « continuer à en avoir », prévient Serge Bourdon, directeur des ressources humaines du constructeur basé à Saint-Nazaire.

STX emploie 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 employés d’entreprises sous-traitantes. Pourtant, il peine à trouver de la main-d’œuvre qualifiée sur certains métiers. Pareil pour ses nombreux sous-traitants.

Chaudronniers et soudeurs, les plus recherchés

Après avoir recruté plus de 250 personnes ces neuf derniers mois, STX cherche toujours à pourvoir « 150 postes » à durée indéterminée avant la fin de l’année, avec « plus de difficultés sur les postes d’ouvriers et un peu sur ceux d’agents de maîtrise », explique le DRH.

La pénurie de main-d’œuvre est particulièrement lourde pour les chaudronniers (ou charpentiers métaux) et les soudeurs, deux métiers souffrant d’une mauvaise image et pour lesquels le marché de l’emploi « est complètement asséché en France », estime Serge Bourdon.

« J’avais 200 chaudronniers en recherche d’emploi il y a deux ans ; aujourd’hui je n’en ai plus et c’est le métier le plus recherché dans l’industrie sur le territoire », confirme Béatrice Rouillé, chargée de coordination industrie chez Pôle emploi en Loire-Atlantique.

Pôle emploi offre des formations

« On lance des formations, plus de 500 personnes ont été formées par Pôle emploi cette année juste à Saint-Nazaire sur les métiers de la navale et de l’industrie. Mais ça prend du temps : pour un chaudronnier, c’est dix à douze mois, et nous manquons de candidats », souligne Béatrice Rouillé.

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Et si « des difficultés commencent à poindre, c’est qu’on est sollicité de partout », insiste-t-elle. Outre la construction navale, l’aéronautique - notamment avec l’usine Airbus - et les énergies marines renouvelables recrutent en ce moment sur le bassin nazairien, où le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A reste important, même s’il est tombé fin mars à 8,9 % contre 9,3 % fin 2015.

Journée portes ouvertes ce jeudi

« Vue la conjoncture nationale, peu de secteurs d’activité peuvent se prévaloir d’avoir dix ans de boulot devant eux. Mais la navale, ce n’est pas forcément ce qui séduit le plus les jeunes, constate Donatien Boudaud, directeur de l’agence Randstad de Saint-Nazaire. Ce sont des travaux en équipe qui peuvent être salissants, bruyants, mais avec une valeur ajoutée et des politiques de rémunération correctes. »

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Pour trouver et convaincre la perle rare, les agences d’intérim de Saint-Nazaire communiquent tous azimuts. Manpower organise ce jeudi une journée portes ouvertes pour présenter les métiers du secteur, du charpentier fer au tuyauteur, en passant par le serrurier ou le tôlier bord, dans son agence de Saint-Nazaire, sise tout près des chantiers navals.