Loire-Atlantique: Faut-il s'inquiéter de la qualité de l'air du département?

ENVIRONNEMENT L'organisme Air Pays de la Loire fait le point sur la pollution dans la région nantaise...

Frédéric Brenon

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Les émissions de polluants atmosphériques sont en baisse dans l'agglomération nantaise.
Les émissions de polluants atmosphériques sont en baisse dans l'agglomération nantaise. — S.Salom-Gomis/Sipa

La deuxième Journée nationale de la qualité de l’air se déroule ce mercredi en France. Dans la région nantaise, c’est à l’organisme Air Pays de la Loire qu’a été confiée la mission de surveiller la pureté de l’air que nous respirons tout au long de l’année. Les résultats de ses mesures sont publiés chaque jour sur Internet. Ce qu’il faut en retenir.

L’air est-il de meilleure ou de moins bonne qualité qu’avant ? La croissance démographique et la hausse du trafic automobile laissent à penser que la pollution est plus forte qu’il y a dix ans. Et bien non ! « Contrairement aux idées reçues, la qualité de l’air globale tend à s’améliorer. Cela s’explique par une prise de conscience des habitants, par les nouvelles normes industrielles, par des aménagements urbains favorisant les transports en commun, ou par les actions des collectivités dans le cadre de leurs « Plan climat », justifie Air Pays de la Loire. En 2015, 78 % des journées ont été classées de qualité « bonne à très bonne », 1 % de qualité « mauvaise ».

Quels sont les principaux polluants ? Les particules fines (PM10), émises par le diesel, l’agriculture, l’industrie ou les feux de cheminée, sont les plus connues. Les dépassements de seuils (dix jours en 2015) n'ont pas forcément une origine locale car les particules se déplacent avec des masses d’air de plusieurs centaines de kilomètres. Le dioxyde d’azote, principalement émis par les gaz d’échappement, le dioxyde de soufre, surtout rejeté par l’industrie, l’ozone, dont la présence est amplifiée par le rayonnement solaire, et le benzène, produit par la combustion du bois et les moteurs, sont les autres principaux polluants atmosphériques. Tous sont nocifs pour la santé.

La métropole nantaise est-elle plus polluée que d’autres ? Non, au contraire, elle serait plutôt épargnée. Par exemple, moins de 1 % de la population nantaise est exposée à un dépassement de valeur limite pour le dioxyde d’azote, contre 90 % de la population parisienne, 15 % de la population lyonnaise ou 15 % de la population strasbourgeoise. Les pics de pollution aux particules fines sont également moins fréquents. « C’est dû à la configuration géographique du territoire (plat, proche de l’océan) et à un climat plus favorable. La pluie présente l’avantage de plaquer les poussières au sol », avance Air Pays de la Loire.

Quels sont les secteurs les plus pollués ? Pour ce qui est des particules fines, la ville ou la campagne sont autant concernées. Pour le dioxyde d’azote, les logements situés à proximité directe des grands axes routiers sont les plus exposés. Les concentrations sont particulièrement élevées sur le périphérique nantais, les autoroutes A11 et A83. Elles le sont aussi en centre-ville, notamment quai de la Fosse ou près de la gare.

Moyennes annuelles de dioxyde d'azote à Nantes.
Moyennes annuelles de dioxyde d'azote à Nantes. - Air Pays de la Loire

L’ozone présente des niveaux élevés en zone rurale et à la campagne. Quant au dioxyde de soufre, il a disparu des centres-villes mais reste notable autour de la centrale EDF de Cordemais et, surtout, de la raffinerie de Donges.

Faut-il se réjouir pour autant ? La tendance à la baisse des principaux polluants réglementés ne doit pas occulter l’existence d’autres polluants non soumis à une surveillance réglementaire. C’est le cas des phytosanitaires volatiles (pesticides), très utilisés dans le vignoble et les zones maraîchères, et que l’on sait dangereux pour la santé. Le contrôle de la qualité de l’air intérieur des bâtiments publics, en particulier celle des écoles, crèches et établissements de santé, n’est pas non plus obligatoire. « Il y a du mieux mais des nouvelles problématiques émergent, résume Air Pays de la Loire. L’ air intérieur, où l’on passe 80 % de notre temps, sera probablement un enjeu important des années à venir. »