Nantes: La métropole tente de faire face à la hausse des crémations

SOCIETE Le crématorium de Nantes a été modernisé, tandis qu'un nouveau crématorium va ouvrir à Saint-Jean-de-Boiseau dans deux ans...

Frédéric Brenon

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La salle de cérémonie du crématorium de Nantes. Lancer le diaporama
La salle de cérémonie du crématorium de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

De plus en plus fréquente en France, la pratique de la crémation est particulièrement répandue dans l’agglomération nantaise. Près d’un défunt sur deux est en effet incinéré, contre 35 % au niveau national. Or le département ne compte que deux crématoriums (Nantes et Saint-Nazaire), en attendant l’ouverture d’un troisième à Château-Thébaud dans quelques semaines. La saturation est atteinte et les conditions d’accueil sont de plus en plus difficiles pour les familles. Consciente de la situation, Nantes métropole a décidé d’investir.

« Il y en avait besoin »

Pour commencer, le crématorium de Nantes, construit il y a près de 30 ans, vient tout juste d’être rénové et agrandi (1,1 million d’euros). Les salles de cérémonie (150 places), de dépôt des urnes et de convivialité ont été réaménagées avec une décoration plus chaleureuse répondant aux « attentes d’aujourd’hui », l’espace dédié à la présentation du cercueil a été repensé, la climatisation ajoutée. Une pièce a été créée pour que les familles puissent préparer la cérémonie (tester les photos, les musiques).

Surtout, un hall d’accueil couvert et convivial a été conçu, alors que l’accès et l’attente s’effectuaient auparavant à l’extérieur. « Il y en avait besoin, juge Michèle Gressus, vice-présidente de Nantes métropole. Ces espaces, mieux organisés, permettront d’apaiser les choses. C’est extrêmement important car on sait tous qu’on est en situation de fragilité dans de pareilles circonstances. »

Côté technique, un nouveau système de filtration a été installé, tandis que les deux fours ont été remplacés par des modèles neufs, plus performants et économes en énergie. Pour autant, le nombre de crémations ne devrait pas dépasser 8 à 9 par jour, comme avant. « L’objectif est surtout de gagner en fluidité, espacer davantage les crémations pour ne plus que les familles se croisent », explique Jean-Pierre Blivet, directeur du crématorium et salarié d’ OGF, la société chargée de la gestion des lieux.

Ouverture en 2018 à Saint-Jean-de-Boiseau

En plus du crématorium de Nantes, la communauté urbaine travaille également à la construction d’un crématorium supplémentaire (3 millions d’euros), associé à un cimetière paysager, sur la commune de Saint-Jean-de-Boiseau. L’enquête publique s’est achevée en juin et vient d’obtenir un avis favorable du commissaire-enquêteur. Les travaux devraient démarrer en 2017 pour une ouverture en 2018. L’équipement disposera d’un four et de deux salles de cérémonie (200 et 50 places). « Ce nouveau pôle funéraire était absolument nécessaire. Il va soulager toute l’agglomération, en particulier le sud-Loire », est convaincu Michèle Gressus.

Délai d’attente trop long

A Nantes, où 2575 crémations ont été réalisées l’an passé, la demande est telle que le délai d’attente atteint en moyenne d’une semaine. « C’est trop long », concède la vice-présidente de Nantes métropole. Certaines familles sont parfois obligées de se diriger vers un autre crématorium, voire renoncent à la crémation.

La préférence pour la crémation est difficile à expliquer, car « elle relève de l’intime », estime Michèle Gressus. On peut toutefois avancer un coût financier inférieur à l’inhumation en raison de l’absence de concession et de tombe, l’éloignement géographique des familles qui complique l’entretien des sépultures, la laïcisation de la société, ou des raisons environnementales.